Victorine Anquédiche Ndeye a été entendue avant-hier par les éléments de la Sureté urbaine, par rapport à la plainte déposée par son ancien Directeur de cabinet, El Hadji Ibrahima Fall. Ce dernier accuse l’ancien ministre de la Microfinance d’avoir encaissé de l’argent lui appartenant estimé à 100 millions de francs. Devant les enquêteurs, Victorine Ndeye a réfuté avec véhémence les accusations, soutenant que c’est plutôt elle qui lui confiait de l’argent pour des besoins politiques. A son tour, la mairesse de Niaguiss a déposé une plainte contre son accusateur pour tentative d’extorsion de fonds. Elle a été autorisée à rentrer à son domicile. Lundi prochain, elle va se présenter devant les agents de la SU pour être entendue sur les termes de sa plainte.
100 millions de francs, c’est ce que réclame El Hadji Ibrahima Fall à Victorine Anquédiche Ndeye. Ancien directeur de cabinet de cette dernière, il a déposé une plainte à l’encontre du ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire sous Macky Sall. Selon le plaignant, au début, il s’agissait d’un prêt de 30 millions de francs, ensuite 50 millions de francs, mais avant-hier, El Hadji Ibrahima Fall a soutenu que la dame lui doit en réalité 100 millions de nos francs. Il a dit avoir remis cette somme à son ancien patron qui en avait besoin pour ses activités politiques.
Interrogée, Victorine Anquédiche Ndèye a réfuté totalement les allégations de son Directeur chef de cabinet. A l’en croire, ce dernier a été son bras droit ; une personne de confiance à qui elle confiait de l’argent pour ses activités politiques, car c’est lui qui gérait le volet politique. L’argent, poursuit-elle, provenait de soutien de certains de ses proches. Elle affirme n’avoir jamais effectué un contrôle sur les dépenses engagées par El Hadji Fall.
Un jour, Fall est venu lui dire que l’argent est épuisé, qu’il avait tout dépensé et qu’il a dû emprunter 80 millions à son père, pour pouvoir assurer les dépenses concernant les activités politiques. L’ancien ministre affirme lui avoir fait savoir qu’il devait lui en parler d’abord avant d’engager un prêt. Tout de même, Victorine Ndèye reconnaît lui avoir tout de même promis de l’aider à éponger la dette, compte tenu de leur relation. Aux enquêteurs, l’ancienne ministre de la Microfinance informe qu’elle comptait vendre un de ses biens immobiliers pour éponger la dette. Malheureusement, ça n’a pas pu se faire rapidement et le nouveau régime, avec l’ancien Premier ministre, a pris la mesure d’arrêter les transactions immobilières. Cela, dit-elle, a eu l’effet de tout bloquer.
De son côté, poursuit-elle, El Hadji Ibrahima Fall la harcelait très souvent avec des appels téléphoniques. Malgré, indique-t-elle, les efforts déployés pour lui expliquer la situation, il n’a pas voulu comprendre. Son ancien Directeur de cabinet a considéré sa promesse de l’aider, comme un dû, une obligation, au point de déposer une plainte.
Assistée par son avocat Me Ousmane Thiam, elle a attiré l’attention sur le fait que si le plaignant parle de prêt, il s’est trompé de procédure parce que ce n’est pas une affaire pénale. Au terme de son interrogatoire, les enquêteurs ont autorisé la dame à rentrer, mais elle reste à leur écoute. Cependant, Victorine Ndeye a tenu à déposer une plainte contre El Hadji Ibrahima Fall pour tentative d’extorsion de fonds. Sauf changement de programme elle devrait être entendue sur les termes de sa plainte lundi prochain. En fait, l’affaire a fait l’effet boomerang.
Alassane DRAME