Pape Malick Ndour a passé la nuit d’hier en prison, en exécution de la décision de la Cour suprême, le 28 avril dernier, qui avait confirmé l’arrêt de la Cour d’appel. Ledit arrêt avait ordonné le mandat de dépôt contre l’ancien coordonnateur du Programme national des domaines agricoles et communautaires (Prodac). Leur client envoyé en prison, les avocats de la défense, loin de baisser les bras, se mettent sur le pied de guerre et peaufinent leur stratégie pour le tirer d’affaire.
Le Parquet financier a finalement obtenu la tête de Pape Malick Ndour. Le représentant du ministère public, qui avait toute la latitude de l’arrêter, depuis le 28 avril dernier, date à laquelle la deuxième chambre pénale de la Cour suprême a rendu sa décision par laquelle elle a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel qui avait ordonné le placement sous mandat de dépôt de l’ancien coordonnateur du Programme national des domaines agricoles communautaires (Prodac), a finalement exécuté la décision. Depuis, ce 28 avril, en effet, Pape Malick Ndour était sous la menace d’un mandat de dépôt, mais le parquet financier était resté calme, l’ayant toujours dans son viseur. C’est finalement hier qu’il a décidé de le mettre dans ses filets. La Division des investigations criminelles qui a été mise en branle l’a cueilli à son domicile pour le conduire dans ses locaux avant qu’il ne soit reconduit à la maison d’arrêt de Rebeuss.
Toutefois, les avocats de l’ancien ministre de la République sous Macky Sall ne s’avouent pas vaincus. Pour le moment, il n’y a rien qu’ils puissent faire, mais pour autant, les robes noires n’abandonnent pas. Ils sont en train de peaufiner un plan de défense pour tirer leur client d’affaire.
Cette procédure a démarré après l’expertise demandé par le Parquet financier dans l’affaire Prodac, dans laquelle est incriminé Mamina Daffé et Ibrahima Cissé. Un dossier qui était quasiment en phase de clôture. Les résultats de l’expertise ont révélé, selon l’accusation, que l’ancien coordonnateur est impliqué dans un détournement de 2,7 milliards de francs, pour avoir ordonné des paiements non documentés, mais ordonné également une « autorisation des retenues de garantie » portant sur 40 millions de nos francs. Des accusations dégagées en touche par l’ancien ministre de la République. N’empêche le Procureur financier a sollicité un mandat de dépôt dans ses réquisitions, par lesquelles il a saisi le juge. Mais, il n’a pas été suivi par le magistrat instructeur, qui a ordonné plutôt son placement sous bracelet électronique. Le chef du Parquet financier fait alors appel de l’ordonnance. La Chambre d’accusation lui donne raison et infirme la décision du juge d’instruction et ordonne le placement sous mandat de dépôt. Cette décision a été confirmée par la Cour suprême, le 28 avril dernier. Toutefois, la procédure est loin d’être terminée ; le bras de fer se poursuit.
Alassane DRAME