Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a présidé un Conseil interministériel consacré à la préparation des examens scolaires, sessions 2026. À l'issue de la rencontre, le chef du gouvernement a dévoilé une série de mesures destinées à garantir le bon déroulement des examens de fin d'année, tout en engageant des réformes structurelles pour moderniser durablement le système national d'évaluation. De la sécurisation des épreuves à la digitalisation des paiements, en passant par l'autonomisation de l'Office du Baccalauréat, la prise en charge des candidats en situation de handicap et la réforme du Bac, le gouvernement affiche sa volonté d'engager une transformation systémique du secteur de l'éducation.
Le gouvernement veut faire des examens scolaires de 2026 un tournant dans la modernisation du système éducatif national. Réuni autour du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, le Conseil interministériel sur la préparation des examens scolaires a permis de faire le point sur les avancées réalisées et d'arrêter un ensemble de mesures destinées à améliorer l'organisation des évaluations nationales.
Des innovations majeures pour la session 2026
Selon le Premier ministre, la session 2026 sera marquée par plusieurs innovations importantes inscrites dans une perspective de transformation profonde du système éducatif sénégalais. Parmi ces nouveautés figurent « la gestion du Certificat de fin d'études élémentaires (Cfee) avec une délibération des résultats en moins de dix jours, la suppression du concours d'entrée en classe de Sixième, la digitalisation intégrale des procédures à travers la plateforme Anadole ainsi que le renforcement du dispositif national de lutte contre la fraude », lit-on dans le communiqué.
Ces réformes traduisent la volonté des autorités d'améliorer l'efficacité du système d'évaluation tout en réduisant les lenteurs administratives qui ont longtemps caractérisé l'organisation des examens nationaux.
Des résultats encourageants, sauf au baccalauréat
Le Conseil interministériel a permis d'examiner les performances enregistrées lors des examens de l'année 2025. « Le Cfee a connu une progression significative avec un taux de réussite de 70,73 %, soit une hausse de 5,2 points par rapport à l'année précédente ». « Le Brevet de fin d'études moyennes (BFEM) affiche également une amélioration notable avec un taux de réussite de 78,59 %, en progression de 4,65 points ». Les examens de la formation professionnelle et technique enregistrent eux aussi une évolution positive avec un taux de réussite de 70,52 %, en hausse de 2,49 points.
En revanche, le baccalauréat demeure le principal sujet de préoccupation des autorités. Son taux de réussite, établi à 47,62 %, révèle selon le gouvernement la nécessité d'engager des réformes structurelles afin d'améliorer durablement les performances des candidats. Le Premier ministre a souligné plusieurs défis persistants touchant notamment la budgétisation des examens, l'autonomie fonctionnelle de l'Office du Baccalauréat, l'élaboration d'un cadre national de certification ainsi que les difficultés liées à l'état civil scolaire.
Une sécurisation renforcée des examens
Afin de garantir le bon déroulement des examens de 2026, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a demandé une mobilisation de plusieurs départements ministériels. « Les ministères de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle, des Forces armées, de l'Intérieur, des Collectivités territoriales, de l'Environnement, de l'Énergie, de l'Hydraulique ainsi que du Numérique sont appelés à assurer une sécurisation coordonnée de l'ensemble du processus ». Cette sécurisation concerne les lieux de conception et de stockage des épreuves, leur transport, les centres d'examen, les personnels mobilisés ainsi que les circuits de distribution.
Les autorités administratives et locales devront également veiller à la disponibilité de l'eau, de l'électricité, de la connexion internet et à la prévention des inondations dans les centres d'examen. Le gouvernement entend renforcer la lutte contre la fraude à travers des campagnes de sensibilisation et la mise en place d'un dispositif de récupération sécurisée des téléphones portables et appareils connectés à l'entrée des centres.
Le Premier ministre a demandé au ministre de l'Enseignement supérieur, en collaboration avec le ministère de la Justice, de permettre aux candidats confrontés à des problèmes d'état civil indépendants de leur volonté de participer à la session de remplacement du baccalauréat 2026. Cette mesure vise à éviter que des candidats soient exclus des examens pour des raisons administratives dont ils ne sont pas responsables.
Une meilleure prise en charge des candidats handicapés
Le gouvernement entend renforcer l'inclusion dans le système éducatif. « Les ministres concernés ont reçu instruction d'adapter les épreuves à chaque type de handicap ». Cela passe par « la transcription en braille pour les candidats non-voyants, l'agrandissement des caractères pour les malvoyants ainsi que l'application systématique du tiers temps pédagogique » détaille le texte. Les centres d'examen devront également disposer de dispositifs spécifiques d'accueil et d'accompagnement garantissant l'accessibilité et les aménagements nécessaires.
Vers la digitalisation complète des paiements
Le Premier ministre a demandé « l'achèvement du système de paiement digitalisé des indemnités destinées aux surveillants, correcteurs, examinateurs, secrétaires, superviseurs et autres acteurs impliqués dans les examens ». L'objectif est « d'assurer le versement des avances avant les épreuves et le paiement intégral des indemnités dès la fin des examens ». Dans cette dynamique, le chef du gouvernement a affirmé que la sanctuarisation du budget de l'Éducation nationale constitue désormais une orientation irréversible de l'État.
Fatou DIOP