Bis repetita, on va tout droit vers un autre bras de fer entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. En cause : la proposition de loi sur le Code pétrolier. Lors de la commission technique, hier, les députés s’en sont pris vertement au ministre Abdourahmane Diouf qu’ils accusent d’avoir été à l’origine de la séparation entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Le ministre de l’Energie et du Pétrole, qui n’a répondu à aucune des attaques, a rejeté purement et simplement le texte qui était soumis à adoption. Pour lui, en effet, la proposition est irrecevable à cause de son empiètement sur le domaine réglementaire. N’empêche, les députés ont voté. Ce qui pourrait obliger le Premier ministre à saisir encore le Conseil constitutionnel, avec comme conséquence le blocage de la plénière en attendant la décision des Sages.
Ce n’est pas demain la veille du gentleman agreement entre l’exécutif et le législatif. Hier, les membres de la commission de l’Energie et des Ressources minérales ont planché sur l’examen de la proposition de loi modifiant le Code pétrolier. Une séance durant laquelle les députés s’en sont pris directement au ministre Abdourahmane Diouf qui en a entendu des vertes et des pas mûres. Certains l’ont même accusé d’être à l’origine de la séparation entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Des attaques qui ont laissé de marbre le ministre du Pétrole et de l’Energie. Dr Abdourahmane Diouf a dit aux députés que la proposition de loi était irrecevable et que non seulement le président de la République l’a évoqué dans son avis, mais lui-même a saisi d’une correspondance le président de l’Assemblée nationale et le président de la Commission Babacar Ndiaye pour souligner, arguments à l’appui, son irrecevabilité. Des arguments qui n’ont pas prospéré devant une majorité écrasante de Pastef qui a adopté la proposition de loi.
Vers la saisine, par le Pm, du Conseil constitutionnel et la suspension de la plénière
La décision n’est pas encore officialisée, mais on va certainement vers la saisine, par le Premier ministre Al Aminou Lô, du Conseil constitutionnel. De la même manière que lorsque les députés de Pastef voulaient faire un forcing pour faire passer la proposition de loi concernant le régime et l'encadrement des crédits spéciaux. Le chef du gouvernement avait usé de l’article 83 alinéa 2 pour demander aux ‘’Sages’’ de se prononcer. Cette saisine avait suspendu la séance plénière qui avait été programmée. Et dans sa décision intervenue 8 jours plus tard, le Conseil constitutionnel avait rejeté certaines parties de la proposition de loi. Vers donc de nouveaux rebondissements de cette proposition de loi.
Nd. Kh. D. F