ESCROQUERIE D’UN COMMERÇANT POUR 80 MILLIONS DE F CFA PORTANT SUR DU FER : L’affaire du fer volé à Ecotra refait surface, le transitaire Ibrahima Basse poursuivi en justice par le commerçant Bathie Diouf




 
 
 
 
Ibrahima Basse risque gros. Ce transitaire jugé hier au tribunal, est accusé d’avoir escroqué le commerçant Bathie Diouf de la valeur de 80 millions de F Cfa portant sur du fer. Pour cela, il s'est fait passer pour le mandataire de la société Ecotra de Abdoulaye Sylla.
 
 
 
Une affaire d'escroquerie présumée dans laquelle le nom de la société Ecotra de l'homme d'affaires Abdoulaye Sylla est ressorti a été plaidée hier, mardi 3 février 2026, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Elle oppose le commerçant Bathie Diouf au transitaire Ibrahima Basse. Ce dernier, d'après l'accusation, pour escroquer la victime de la somme de 80 millions de F Cfa dans une transaction portant sur du fer, s'était fait passer pour le mandataire de Ecotra. Tout a commencé entre ces deux protagonistes en 2021. Après discussion, Bathie Diouf a fait auprès de Ibrahima Basse une commande de 700 tonnes de fer d'un montant estimé à 250 millions de F Cfa. Accord conclu, Bathie Diouf remet à Ibrahima Basse un acompte de 80 millions.
Pour cela, le prévenu s'était prévalu de la fausse qualité de mandataire de la société Ecotra et a remis au plaignant de faux documents. Malheureusement, lorsqu'il a montré les papiers à Ecotra, on lui a certifié qu'ils étaient des faux. Comme le mis en cause n'a jamais daigné livrer ce fer après avoir reçu l'argent, il a été interpellé sur une plainte de la partie civile.
 
 
La médiation pénale non respectée
 
 
Conduit devant le procureur, Ibrahima Basse a reconnu lui devoir cette somme de 80 millions sur une médiation pénale à l'issue de laquelle il s'était engagé à payer mensuellement 7 millions à la partie civile. Mieux encore, il avait promis de vendre sa maison sise aux Almadies pour rembourser sa dette. Relâché sur la base de cette promesse, le mis en cause n'a pas respecté son engagement. Ce qui a poussé la victime à saisir à nouveau la justice pour rentrer dans ses fonds.
 
 
Il cite Thierno Ndiaye…
 
 
Devant le juge du tribunal des flagrants délits, Ibrahima Basse, condamné par le passé à 10 mois de prison dans une autre affaire d'escroquerie portant sur 300 millions, s'est lavé à grande eau. Il a confié que cette transaction commerciale portant sur 80 millions liait Bathie Diouf à une tierce personne. "Cette affaire commerciale oppose Bathie Diouf à Ecotra. C'est le nommé Thierno Ndiaye qui lui a vendu le fer pour le compte de ladite société. En plus de cela, je lui ai restitué les 80 millions à la date du 5 janvier 2022 devant témoin et il a eu même à signer la décharge. Ce dernier a été appelé à la gendarmerie pour témoigner puisque j'avais remis ces coordonnées aux enquêteurs. Mais, il ne s'est toujours pas présenté. Je ne sais pas pourquoi il n'est pas non plus venu à l'audience pour faire sa déposition", a-t-il indiqué en brandissant une décharge sur laquelle figure la supposée signature de la victime et qui attesterait qu'il a reçu remboursement de cet argent. Par rapport à l'engagement qu'il avait pris devant le procureur concernant la vente de son immeuble aux Almadies, Ibrahima Basse l'a non seulement balayé d'un revers de main, mais il a imputé cela à son grand-frère. "C'est mon grand-frère qui avait promis de mettre en vente son bien", a-t-il rétorqué au représentant du ministère public qui lui a posé cette question.
 
 
Le plaignant enfonce le prévenu
 
 
Le plaignant Bathie Diouf, interrogé, a révélé que Ibrahima Basse lui a montré du fer qui appartenait à Ecotra de Abdoulaye Sylla. Selon lui, c'est sur la base de faux documents que le prévenu est parvenu à encaisser son argent. "Après ça, il a fui avant d’être arrêté 6 mois après. C'est à lui que j'ai remis mon argent et non à Thierno Ndiaye. Ce dernier, je l'ai vu une seule fois de ma vie. Le fer ne lui appartenait pas, mais à l'entreprise Ecotra", a déclaré Bathie Diouf, qui précise n'avoir jamais reçu la restitution de ses 80 millions.
 
 
La partie civile réclame 150 millions
 
 
L'avocat de la partie civile a précisé que l'escroquerie est manifestement constituée du moment où le mis en cause s'est prévalu de la qualité de démarcheur travaillant pour Ecotra dans le cadre de cette transaction. Le conseil a demandé sa déclaration de culpabilité avant de réclamer 150 millions de dédommagement pour le compte de Bathie Diouf. Soutenant pour sa part que le mandat qui ressort des déclarations des parties est établi, le procureur a requis 1 an de prison ferme contre le prévenu et une amende de 500.000 F Cfa.
Me Mamadou Guèye Mbow, avocat de la défense, a évoqué des "bizarreries" dans cette procédure. Il précise qu'on a délibérément cherché à coller à son client la qualité de mandataire de la société Ecotra. Il a plaidé sa relaxe après avoir demandé au tribunal de débouter la partie civile de ses demandes en réparation. Délibéré le 9 février prochain.
 
Fatou D. DIONE
 
 
 
 
 
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