Le stade Ibn-Batouta s’est vidé sous la pluie quelques minutes après le match nul entre le Sénégal et la RD Congo 1-1. Les cris sont restés dehors. À l’intérieur, le vestiaire sénégalais respire fort, longtemps, lourdement. Le nul face à la RD Congo ne s’accepte pas, il se digère. Entre colère contenue, lucidité de grands hommes et promesse murmurée, les Lions n’ont pas dit leur dernier mot.
Un match qui colle à la peau
Il y a ces matchs qui ne se perdent pas, mais qui laissent des traces. Celui-là en fait partie. Le Sénégal a fait match nul 1-1 contre la RD Congo samedi dernier lors de la 2e journée de la Coupe d’Afrique des nations.
Le Sénégal a tenu le ballon, dicté le tempo, frappé à la porte… sans jamais l’enfoncer. Quand l’arbitre a sifflé la fin, personne n’a levé les bras. Ce nul n’a rien d’un soulagement. C’est un rappel brutal : dans cette Coupe d’Afrique, la vérité se paie au prix fort. Les cadres nous racontent la suite dans les vestiaires.
Koulibaly, la voix qui apaise
Au milieu du tumulte intérieur, Kalidou Koulibaly parle bas, mais juste. Le capitaine connaît ces instants où le vestiaire peut basculer. « Il ne faut pas être déçu. Le football, c’est comme ça. Parfois ça marche, parfois non. L’important, c’est de rester invaincu et de continuer notre route dans cette Coupe d’Afrique », dit-il, avant de poursuivre : «le football n’obéit pas toujours à la logique. On peut bien faire, tout tenter, et rester à égalité ».
Le défenseur central se projette déjà vers l’avenir, avec un discours rassembleur et confiant : le troisième match sera préparé pour être gagné, sans détour. Alors il recentre, il rassure, il trace la ligne : « on reste invaincu, avancer, préparer le prochain combat face au Bénin»
Sa parole n’efface pas la frustration. Elle l’empêche de devenir poison.
Gana, le regret à nu
Idrissa Gana Guèye ne cherche pas de refuge dans les mots. Son regard dit ce que la bouche confirme : « on est un peu déçu, mais content aussi parce qu’on n’a pas perdu. On aurait dû gagner ce match, malheureusement on n’a pas su. Ce match devait être gagné ».
La déception est là, franche, assumée. Mais elle n’est pas lourde de renoncement. Elle est chargée de responsabilité. Celle de savoir que le Sénégal avait les clés… et les a laissées tomber.
Mané, la lucidité des grands soirs
Sadio Mané observe, analyse, tranche. Le contenu, dit-il, « était bon. Le jeu était là. Les intentions aussi. Ce qui a manqué, c’est ce geste final, ce moment où le ballon doit aller au fond des filets. On aurait dû gagner, mais on n’a pas concrétisé toutes nos occasions. On prend le point et on va préparer le prochain match».
Rien de dramatique, mais rien d’anodin non plus : « dans le vestiaire, on s’est parlé. Sans cris. Sans faux-semblants. L’expérience a pris le dessus sur l’émotion ».
Mendy et la promesse du caractère
Édouard Mendy regarde le match comme on regarde l’avenir. Dernier rempart, Édouard Mendy met en avant la force mentale affichée après l’ouverture du score congolaise. « On est un peu déçu parce qu’on voulait valider la qualification, mais le contenu est encourageant. On a posé beaucoup de problèmes à une grosse équipe comme le Congo », déclare le portier sénégalais.
Il pointe toutefois le principal chantier : l’efficacité offensive. « Il faut qu’on arrive à tuer sur nos occasions. C’est ce qui nous a manqué. »
Cap sur le prochain match
Mais tout n’est pas à jeter. La réaction collective, l’égalité arrachée et le respect du plan de jeu restent des signaux positifs avant le prochain rendez-vous.
Le message est unanime dans le vestiaire : se ressaisir, corriger les détails et avancer. Le nul face à la RD Congo n’est pas une fin, mais une étape. Les Lions ont encore leur destin en main et entendent le prouver lors du prochain match.
Entre déception, regrets et projection, le Sénégal avance, toujours debout, fidèle à son statut de favori… mais désormais sous pression.
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