À Tanger, dans le camp de base de l’équipe nationale du Sénégal, Krépin Diatta s’est confié longuement à la Rts. Entre analyse lucide du parcours des Lions à la Can, regard posé sur la demi-finale face à l’Égypte et confidences personnelles, le polyvalent international sénégalais dévoile l’état d’esprit d’un groupe en mission.
Dans le calme feutré de l’hôtel des Lions à Tanger, Krépin Diatta affiche sérénité et concentration. Quelques jours après un quart de finale intense face au Mali, le milieu reconverti latéral évoque une récupération maîtrisée, entre repos, soins, massages et étirements. « Après les matchs, c’est important », glisse-t-il simplement, fidèle à son style discret mais rigoureux.
La qualification en demi-finale, la troisième en quatre éditions pour le Sénégal, est accueillie avec fierté mais sans excès. Pour Diatta, ce palier n’est qu’une étape logique d’un objectif clairement défini dès Dakar. « Arriver à ce stade, c’est quelque chose qu’on devait faire. Maintenant, il faut pousser pour passer la demi-finale », insiste-t-il, rappelant que l’ambition du groupe va bien au-delà.
Face à l’Égypte, adversaire historique, le joueur refuse toute idée de supériorité psychologique. Malgré les récents succès sénégalais contre les Pharaons, l’approche reste prudente. « Il faut se concentrer sur nous. Ne pas se dire que c’est une équipe qui nous réussit », martèle-t-il, conscient que la clé réside avant tout dans l’état d’esprit et l’envie collective.
Très engagé lors du quart de finale contre le Mali, Krépin Diatta reconnaît que l’équipe a corrigé ses récents manques à l’entame des matchs. « Dès le coup de sifflet, il faut y aller », dit-il, convaincu que l’intensité dès les premières minutes peut faire basculer une rencontre à ce niveau de la compétition.
Sur le plan individuel, l’ancien numéro 10 assume pleinement sa reconversion au poste de latéral. Une adaptation qu’il juge naturelle au regard de son parcours et de sa polyvalence. De la Belgique à Monaco, des équipes de jeunes à la sélection A, Diatta a toujours su s’adapter. « Le plus important, c’est le Sénégal », répète-t-il, reléguant les considérations personnelles au second plan.
Son sens du sacrifice et son engagement trouvent leurs racines dans l’éducation reçue. Fils d’enseignant, il évoque la rigueur familiale qui l’a façonné très tôt. « Même pour aller jouer, il fallait réciter tes leçons », confie-t-il avec le sourire, expliquant ainsi cet esprit de discipline qui lui vaut aujourd’hui le surnom de « soldat de la tanière ».
Respecté dans le groupe, Krépin Diatta n’esquive pas son rôle de leader, même s’il s’en défend. Qu’il s’agisse de calmer une tension lors d’un penalty ou de montrer l’exemple sur le terrain, il agit avec naturel. « Je me mets juste au service de l’équipe », dit-il, conscient de l’héritage laissé par les cadres comme Sadio Mané, Kalidou Koulibaly ou Édouard Mendy.
Touché par le soutien populaire, notamment à Tanger, Diatta mesure la responsabilité que représente le maillot national. « Tout ce qu’on fait, c’est pour eux », affirme-t-il, parlant d’un peuple passionné, exigeant, mais profondément attaché à ses Lions.
Lucide sur les axes de progression, notamment la finition et la régularité dans les débuts de match, il reconnaît que le groupe doit encore élever son niveau. Mais il salue surtout l’état d’esprit irréprochable d’une sélection soudée, capable de gérer les frustrations et de fonctionner comme une véritable famille.
À l’approche de la demi-finale, Krépin Diatta lance enfin un message fort aux Sénégalais du monde entier. Entre gratitude et appel aux prières, il promet un engagement total jusqu’au bout. « On donnera tout pour pouvoir leur faire plaisir », conclut-il, le regard tourné vers cette deuxième étoile que tout un peuple espère voir briller.