Aliou Sall et son épouse Aïssata Sall ont été entendus pour la première fois, hier, par le juge d’instruction, dans l’affaire qui leur a valu une inculpation en octobre dernier, portant précisément sur un projet immobilier qu’il avait mis en place avec leur société familiale. Deux juges et un Procureur financier ont été présents à l’interrogatoire. Néanmoins, Aliou Sall a démonté le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) niant avoir reçu de commission ni avoir commis de faute.
Il n’y a eu aucune commission reçue, et il n’y a non plus eu de faute commise. C’est ce qu’a tenté de démontrer, hier, Aliou Sall, lors de son face-à-face avec le juge d’instruction. En fait, pour cet interrogatoire au fond, l’ancien maire de Guédiawaye et son épouse Aïssata Sall ont fait face non pas à un seul juge d’instruction, mais deux, en plus du Procureur financier qui a tenu à être présent pour poser ses questions. Tout de même, il nous revient que le couple Sall ne s’est pas débiné. Ils ont répondu à toutes les questions qui leur ont été posées. Selon un de leurs conseils, Aliou Sall a démonté totalement le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). L’ancien maire de Guédiawaye a soutenu fermement n’avoir pas reçu de commission dans ce projet ; il assure n’avoir commis aucune faute non plus.
Son épouse Aïssata Sall a été également soumise au feu roulant des questions des magistrats. Tout comme son mari, elle a nié les accusations. Faut-il le souligner, Aïssata Sall a géré la société immobilière mise en place par son mari, du fait que ce dernier n’avait pas assez de temps pour le faire. Le couple s’était engagé dans un projet immobilier. Il s’agit de l’achat d’un immeuble aux Almadies. N’ayant pas assez de ressources, ils ont trouvé des partenaires dont Seny Dieng. Selon les enquêteurs de la Centif, il y a eu des malversations de la part du couple Sall, précisément une fraude. Comme à chaque fois, la Centif n’avait pas entendu le couple Sall et a fait son rapport qu’elle a déposé sur la table du Procureur financier, qui poursuit pour blanchiment de capitaux, corruption et trafic d’influence. Finalement, à la suite de l’ouverture d’une information judiciaire, Aliou Sall et son épouse ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire, après avoir consigné 240 millions de francs à la Caisse de dépôt et consignation (Cdc), en dépit de la détermination du Procureur financier qui voulait les envoyer en prison. Hier, à la suite de l’audition au fond, leurs conseils se disent confiants. Ils entrevoient un non-lieu total.
Alassane DRAME