L’Institut supérieur d’Entrepreneurship et de Gestion (Iseg) conteste son inscription sur la première liste d’établissements privés d’enseignement supérieur non reconnus par l’État. L’établissement affirme que ses campus concernés disposaient d’agréments provisoires délivrés par les autorités compétentes et annonce des procédures judiciaires.
L’Institut supérieur d’Entrepreneurship et de Gestion (Iseg) a réagi à la publication, vendredi, de la première liste d’établissements privés d’enseignement supérieur non reconnus par l’État. Dans cette liste établie « à la date du 1er octobre 2026 », le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a notamment cité plusieurs campus de l’Iseg implantés dans les régions et les banlieues.
Le principal campus de l’établissement à Dakar ne figure toutefois pas dans cette première liste. Celle-ci compte au total 34 établissements privés, dont 32 proposant des formations de niveau Licence et Master et deux concernés par le niveau Doctorat.
Dans un communiqué publié le 3 octobre, l’Iseg « conteste formellement les accusations portées » contre lui et se dit « profondément indigné » par des informations qu’il considère comme « diffamatoires et contraires à la réalité », rapporte le communiqué.
Des agréments provisoires revendiqués
L’établissement rappelle d’abord son parcours et son statut. « Depuis près de quarante ans, l’Iseg est un acteur de l’enseignement supérieur privé et de la formation professionnelle au Sénégal », indique le communiqué.
L’institut affirme disposer « des éléments juridiques nécessaires à la poursuite de ses activités d’enseignement ». Il précise notamment disposer « d’une habilitation de l’Anaq-Sup pour la formation ouverte à distance », domaine dans lequel il affirme exercer depuis 2008. L’établissement rappelle également bénéficier « d’un agrément définitif depuis 1996 », note le communiqué.
L’Iseg indique en outre que plusieurs de ses licences et masters ont bénéficié « jusqu’à la période 2020-2021 » d’agréments ou d’accréditations du Cames. Il met également en avant « de nombreux partenariats internationaux », notamment dans le cadre des programmes Erasmus Mundus et Erasmus Plus avec plusieurs universités européennes, rapporte le communiqué.
Mais c’est surtout la situation de ses campus de proximité qui est au cœur de sa réaction. « À partir de 2010, nous avons également développé des campus de proximité dans différentes zones du Sénégal », explique l’établissement. Cette politique répondait, selon lui, à « un objectif pédagogique et social », consistant à permettre aux étudiants des régions, des zones rurales et des banlieues ne disposant pas toujours des moyens de s’installer à Dakar d’accéder à une formation supérieure grâce à l’enseignement à distance, indique le communiqué.
L’Iseg assure surtout que ces implantations bénéficiaient d’autorisations administratives.
« Pour chacun de nos campus implantés dans les banlieues et les régions […] l’État, à travers la Direction de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a délivré des agréments provisoires pour chacun de ces campus », affirme l’établissement, rapporte le communiqué.
L’établissement conteste les accusations
L’Iseg réfute ainsi toute idée selon laquelle ses structures auraient fonctionné en dehors du cadre réglementaire. « Nous contestons formellement les affirmations qui pourraient laisser entendre que nos structures auraient fonctionné en dehors du cadre réglementaire », écrit l’établissement.
Il insiste sur le statut de ses campus concernés. « Les campus concernés disposaient d’agréments provisoires délivrés par les autorités compétentes », affirme-t-il. L’Iseg ajoute que « l’utilisation de ce type d’agrément ne concernait pas uniquement l’Iseg », note le communiqué.
Cette mise au point intervient alors que le ministère appelle les étudiants et leurs familles à faire preuve de « grande vigilance » avant toute inscription dans un établissement privé et à vérifier les agréments et autorisations en vigueur.
Pour l’Iseg, son inscription sur cette liste a des conséquences importantes sur son image. « Nous estimons que le placement de l’Iseg sur cette liste porte atteinte à l’image de l’établissement, à celle de nos enseignants et personnels, mais également à nos étudiants et à nos milliers de diplômés », déplore l’établissement.
Des poursuites judiciaires annoncées
La direction de l’Iseg entend désormais défendre ses intérêts devant la justice. « Face à cette situation, nous avons décidé de prendre toutes les dispositions nécessaires pour défendre nos droits et notre réputation », indique-t-elle.
L’établissement précise avoir saisi ses conseils au niveau national ainsi que ses partenaires et conseils internationaux. Surtout, il annonce : « nous avons décidé d’engager des procédures judiciaires devant les juridictions compétentes afin de faire valoir nos droits », rapporte le communiqué.
Cette démarche vise, selon l’Iseg, à « laver notre honneur, à défendre les intérêts de nos étudiants et diplômés et à préserver l’image d’une institution qui a contribué, depuis plusieurs décennies, à la formation de professionnels au Sénégal ».
Tout en annonçant cette procédure, l’établissement affirme rester attaché au dialogue avec les pouvoirs publics. « Nous restons attachés au respect des institutions, au dialogue avec les autorités compétentes et à la défense d’un enseignement supérieur de qualité, accessible et conforme aux exigences réglementaires », conclut le communiqué de la direction de l’Iseg.
Sidy Djimby NDAO