La section du Saes de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Unchk) a vivement critiqué, ce lundi, la gestion de l’établissement par l’actuelle équipe rectorale. Évoquant une dégradation du climat social, des dysfonctionnements institutionnels et un retard alarmant dans le démarrage de l’année académique 2025-2026, le syndicat appelle les autorités à intervenir en urgence pour éviter une aggravation de la crise.
Réunie en point de presse ce lundi à l’antenne de Castors, la section du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Unchk) a dressé un tableau sombre de la situation que traverse l’établissement. Le syndicat dénonce une gouvernance qu’il juge défaillante et alerte sur les conséquences pour plus de 60.000 étudiants.
La section Saes de l’Unchk a lancé une alerte sur la situation de l’université, qu’elle estime plongée dans une crise profonde. Le Saes souligne que malgré les nombreuses difficultés rencontrées depuis sa création — insuffisance budgétaire, déficit d’infrastructures, problèmes de connectivité ou encore retards académiques — les enseignants, le personnel administratif et les étudiants ont permis à l’université de se développer et d’obtenir des résultats jugés satisfaisants.
Cependant, selon le syndicat, l’arrivée de l’actuelle équipe rectorale a marqué une rupture. «Depuis 16 mois, l’Unchk fait face à une mal gouvernance inqualifiable», affirme la section syndicale.
Des accusations de marginalisation des instances et d’opacité dans la gestion
Le Saes énumère une série de griefs à l’encontre de la direction de l’université. Parmi eux figurent la tenue de seulement deux conseils académiques en seize mois, une unique réunion de coordination durant la même période, ainsi que la marginalisation des instances statutaires au profit d’un «cabinet» informel composé, selon le syndicat, d’agents retraités et de personnes extérieures à l’institution.
La section dénonce également l’arrêt de plus de cinquante contrats de travail sans concertation, une campagne de recrutement du personnel administratif et technique jugée opaque, ainsi qu’une gestion des ressources humaines qui serait confiée à un agent retraité bénéficiant d’un contrat spécial.
Le syndicat pointe en outre une négligence des questions pédagogiques, une dégradation du climat social, la multiplication des mouvements de grève et une remise en cause des acquis syndicaux et sociaux obtenus après plusieurs années de dialogue.
Une année académique toujours bloquée
Pour le Saes, les conséquences de cette situation sont déjà visibles. Le syndicat affirme qu’à huit semaines des vacances académiques, l’année universitaire 2025-2026 n’a toujours pas démarré. Il souligne également que des étudiants orientés depuis octobre 2025 n’ont pas encore commencé leur cursus, tandis que l’image et la crédibilité de l’université continuent de se dégrader.
Face à cette situation, la section syndicale dit refuser de «rester silencieuse» et interpelle l’État, le ministère de l’Enseignement supérieur ainsi que l’opinion publique.
«L’Unchk est un patrimoine national»
Dans son communiqué, le Saes appelle les autorités à prendre la mesure de la crise et met en garde contre les risques encourus par l’institution. «L’Unchk est un patrimoine national. Elle ne peut être sacrifiée par une gouvernance non inclusive, tâtonnante et défaillante», soutient le syndicat.
Réaffirmant sa détermination à défendre l’université, la section Saes/Unchk assure rester mobilisée pour préserver les acquis obtenus au fil des années et garantir à plus de 60.000 étudiants le droit à une formation de qualité. «Il y a une extrême urgence», conclut le communiqué.
Marième Ndiaye