ÉNERGIE, POUVOIR D'ACHAT ET PRIORITÉS NATIONALES : Haby Dieng Fall, ancienne cadre de la Senelec, plaide pour des réformes structurelles plutôt que des polémiques




Dans une tribune intitulée « Les urgences sont ailleurs », Haby Dieng Fall, retraitée de la Senelec, appelle à recentrer le débat public sur la baisse durable du coût de l'électricité et l'amélioration du pouvoir d'achat des Sénégalais. Elle critique les controverses sur les avantages des agents de la société nationale et propose plusieurs pistes pour accélérer la transition vers une énergie moins chère.
 
Alors que les discussions autour des avantages accordés aux agents de la Senelec alimentent l'actualité, une autre voix appelle à changer de focal. Dans une tribune publiée sous le titre « Les urgences sont ailleurs », Haby Dieng Fall estime que le véritable défi réside dans la réduction durable du coût de l'électricité afin de soulager les ménages et les entreprises.
L'ancienne cadre de la société nationale réagit notamment à une polémique médiatique selon laquelle les agents de la Senelec ne paieraient pas leur facture d'électricité. Elle affirme que ces derniers règlent effectivement leur consommation tout en bénéficiant d'un tarif préférentiel, qu'elle présente comme un avantage lié à leur contribution au secteur énergétique.
 
Le retard de Yaakaar Téranga pointé du doigt
 
Pour l'autrice, le principal obstacle à une baisse significative des tarifs reste le retard du projet gazier Yaakaar Téranga. Selon elle, ce décalage compromet les ambitions affichées par les autorités dans les stratégies énergétiques nationales, qui prévoyaient d'utiliser ce gaz pour alimenter les centrales électriques et réduire le coût du kilowattheure.
Face à cette situation, elle avance plusieurs solutions transitoires : acheminer le gaz du champ GTA vers Dakar par voie maritime en s'appuyant sur les infrastructures existantes, utiliser davantage le pétrole sénégalais raffiné par la Sar pour alimenter les centrales et étudier une coopération avec la raffinerie Dangote, sous réserve d'évaluations économiques.
 
Réserves sur la filialisation de la Senelec
 
La tribune prend également position sur le débat autour de la filialisation de la Senelec, récemment évoquée par le ministre du Pétrole et des Énergies.
Haby Dieng Fall considère que cette réforme ne constitue pas une réponse adaptée aux difficultés actuelles de l'entreprise. Elle met en avant les investissements réalisés entre 2012 et 2024, les performances financières de la société ainsi que l'atteinte des objectifs fixés par son contrat avec l'État, estimant que les tensions actuelles relèvent davantage de problèmes de trésorerie que d'une faiblesse structurelle.
 
« Les urgences sont ailleurs »
 
Au-delà de la question énergétique, l'autrice élargit son propos aux priorités budgétaires du pays. Elle suggère qu'une partie des ressources consacrées aux futurs scrutins pourrait être orientée vers des secteurs à fort impact social, comme la baisse du prix des denrées de première nécessité ou le soutien à l'agriculture.
Selon elle, les préoccupations immédiates des Sénégalais portent avant tout sur le coût de la vie, l'emploi et la précarité, davantage que sur les échéances électorales à venir. Elle appelle ainsi à privilégier des propositions concrètes susceptibles d'améliorer le quotidien des populations.  
Par cette tribune, Haby Dieng Fall plaide pour un recentrage du débat public sur les leviers économiques capables, selon elle, de produire des effets durables sur le pouvoir d'achat et le développement du Sénégal.
Nd. Kh. D. F
 
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