Face à la presse, ce vendredi 16 janvier 2026, le collectif des 44 Agents en cessation d’activités du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines est sorti de sa réserve. Par la voix de Oumar Dramé, syndicaliste du secteur primaire de l’administration, le collectif a dénoncé une injustice sociale organisée et une rupture délibérée des engagements de l’État.
«Cette affaire n’est pas close. Elle ne fait que commencer», a d’emblée lancé Oumar Dramé devant les journalistes. Au cœur de la colère : les déclarations du représentant du ministre Birame Soulèye Diop, lors de l’installation du Comité technique de suivi du Pacte social, signé le 1er mai 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko. «Ces propos sont va-t’en-guerre. Ils traduisent une volonté manifeste de rompre les engagements pris le 6 août 2025 et de piétiner le Pacte social», a martelé Oumar Dramé. Selon le collectif, ces déclarations, faites en présence du ministre de la Fonction publique, des centrales syndicales et du patronat, constituent un signal politique grave.
«Le ministère refuse le dialogue»
Le Collectif des 44 accuse également les autorités du ministère de fermeture totale au dialogue. «Nous avons adressé plusieurs demandes d’audience. Aucune n’a reçu de réponse. C’est du mépris pur et simple», a dénoncé le syndicaliste. Pour les agents licenciés, ce refus de dialogue est une stratégie assumée pour épuiser moralement et socialement les travailleurs.
Le collectif s’en est aussi violemment pris au secrétaire général du Syndicat national des mines et de la géologie, accusé de mener une campagne médiatique contre les 44 agents. « Un syndicaliste à la solde d’une oligarchie est indigne de représenter des travailleurs honnêtes», a lâché Oumar Dramé, dénonçant des « propos fallacieux, répétitifs et destructeurs» visant à anéantir la carrière professionnelle des agents «pour faire plaisir au ministre».
Autre grief majeur, «la lenteur dans l’application du Pacte social, notamment sur la question centrale de la réintégration des travailleurs licenciés abusivement. Le gouvernement traîne les pieds. Pendant ce temps, nos familles souffrent», a insisté le porte-parole du collectif. Le refus récurrent du préfet de Dakar d’autoriser les manifestations a également été dénoncé comme une atteinte grave aux libertés fondamentales. «On nous refuse un droit constitutionnel garanti par la loi», affirme le collectif.
Une riposte multiforme annoncée
Face à ce qu’il qualifie d’«injustice sociale persistante», le Collectif des 44 annonce une escalade légale et institutionnelle. «Nous allons poursuivre la lutte par tous les moyens conventionnels et légaux», a averti Oumar Dramé. Le collectif dit s’opposer fermement à toute tentative de remplacement des agents sous couvert de nouveaux recrutements annoncés par le ministre du Budget. Il annonce la saisine de l’Itie nationale et internationale, des organismes internationaux de défense des droits de l’homme et des travailleurs, ainsi que des juridictions compétentes, notamment la Cour suprême, l’Inspection du travail et le Tribunal du travail.
Toutefois, le Collectif des 44 a interpellé l’opinion sur la confiscation de leurs salaires et fonds communs depuis plus de 20 mois. Oumar Dramé parle d’une violation flagrante de l’article 25 de la Constitution, du Code du travail et de la Convention collective interprofessionnelle.
Le message final est clair. «Nous ne demandons pas la charité. Nous exigeons justice», a conclu Oumar Dramé.
Baye Modou SARR