Faire de l’électricité un outil de création de richesse en milieu rural. C’est cette ambition commune qui justifie la signature d’une convention de partenariat entre la Der/Fj et l’Aser. En effet, ces deux entités sont persuadées que l’électricité n’est plus une fin en soi, mais un véritable levier de production, de transformation et de création d’emplois et d’opportunités pour les populations rurales.
La Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) et l’Agence sénégalaise d'électrification rurale (Aser) ont procédé, hier, dans les locaux de la Der/Fj, à la signature d’une convention de partenariat visant à mettre en œuvre un programme intégré intitulé Énergie et Entrepreneuriat rural durable. «À travers ce partenariat, la Der/Fj et l’Aser portent une vision commune : faire de l’énergie un accélérateur de développement économique capable de soutenir les producteurs, faciliter l’irrigation et la mécanisation agricole, renforcer la valorisation des produits locaux et favoriser un entreprenariat rural créateur d’emplois et de valeur ajoutée», a d’emblée indiqué Dr Aïssatou Mbodj, Déléguée générale à la Der/Fj. Cette vision, ajoute la patronne de la Der, se traduit à travers les programmes portés par la Der/Fj Pavi 2 et Baysawar visant la mise en place de 3000 fermes intégrées et intelligentes dans tout le pays.
L’énergie devient un facteur essentiel de performance, de rentabilité…
Poursuivant, la Déléguée générale est d’avis que l’énergie est un facteur essentiel de performance, de rentabilité et de durabilité des unités industrielles et des exploitations agricoles modernes. «Grâce à cette convention, nous pourrons, mieux identifier les zones prioritaires, planifier les infrastructures énergétiques en cohérence avec les pôles de production, développer des solutions solaires adaptées et accompagner les bénéficiaires vers des modèles économiques viables et durables», souligne Dr Mbodj qui ambitionne de faire émerger «de véritables projets agro-énergétiques capables de stimuler l’économie locale, renforcer les chaînes de valeur et offrir des perspectives durables aux jeunes et aux femmes».
Jean Michel Sène : «la complémentarité entre l’Aser et la Der s’impose naturellement»
Le Directeur général de l’Aser s’est inscrit dans le même ordre d’idée que la patronne de la Der, persuadé que cette dynamique permettra de transformer l’énergie en opportunités économiques concrètes, particulièrement au bénéfice des femmes et des jeunes dans le développement d’activités génératrices de revenus. «En réalité, la complémentarité entre l’Aser et la Der s’impose presque naturellement. D’un côté, la Der a pour mission d’accompagner l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes ; de l’autre, l’Aser œuvre à faire de l’électricité un levier de développement économique à travers les usages socio productifs», relève Jean Michel Sène qui rappelle que l’Aser a déjà engagé cette dynamique sur le terrain avant même la signature de cette convention. «Au cours de l’année 2025, l’agence a développé 90 usages socio productifs de l’électricité, comprenant 21 périmètres maraîchers, 45 plateformes multifonctionnelles, et 24 activités génératrices de revenus complémentaires, notamment des chambres froides, des systèmes de production de glace, et des systèmes de pompage solaire […] Mieux encore, dans sa nouvelle doctrine d’intervention, l’Aser entend consacrer 5% de l’enveloppe globale de chaque projet au développement des activités génératrices de revenus, en complément des efforts déjà engagés en matière de formation et d’insertion des jeunes à travers des mécanismes de formation en alternance», explique le patron de l’Aser, persuadé que l’électricité ne doit pas seulement éclairer les territoires. Elle doit, dit-il, créer des opportunités. Et, ce partenariat, ajoute-t-il, permettra de donner une nouvelle ampleur aux résultats déjà enregistrés par l’Aser. «Cette convention va au-delà du symbole. Il s’agit d'un partenariat d’action qui a vocation de à se traduire concrètement sur le terrain par l’identification d’opportunités économiques liées aux infrastructures énergétiques, l'orientation des financements vers les localités rurales prioritaires, et l’accompagnement des femmes et des jeunes pour le développement de l’entrepreneuriat local. L’accès à l'électricité en milieu rural n’est pas une fin en soi. Il doit être un levier de transformation économique et sociale, capable d’améliorer les conditions matérielles d’existence des populations. Dès lors, notre responsabilité commune consiste désormais à en faire un véritable outil de création de richesses, d'inclusion sociale et de transformation durable des territoires ruraux», précise le Dg de l’Aser.
M. CISS