ÉCONOMIE – ACCORD SÉNÉGAL/FMI ET TRAITEMENT DE LA DETTE : Les cadres de l’Afp réclament la vérité sur la dette et des garanties pour le pouvoir d’achat des Sénégalais



 

 
 À la suite de l’accord technique conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (Fmi) sur un programme de financement de près de 1240 milliards de F Cfa, l’Alliance nationale des cadres de progrès (Ancp) appelle le gouvernement à faire preuve d’une transparence totale sur le traitement annoncé de la dette. La structure insiste également sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des ménages face aux réformes économiques à venir.
 
L’Alliance nationale des cadres de progrès (Ancp), structure de l’Alliance des forces de progrès (Afp), dit prendre acte de l’accord conclu au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (Fmi), portant sur un programme de financement estimé à environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1240 milliards de F Cfa sur une période de trois ans.
Si elle reconnaît que cet accord constitue une étape importante pour le rétablissement de la stabilité macroéconomique et financière du pays, l’Ancp estime que cette nouvelle séquence économique doit être conduite sous le signe de la lucidité, de la responsabilité et de la transparence.
Dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé, des tensions sur le financement de l’État et une dégradation récente de la signature souveraine du Sénégal, la formation politique considère que les citoyens ont droit à des explications précises sur les choix qui seront opérés.
L’annonce par le gouvernement d’un futur traitement de la dette suscite particulièrement les préoccupations de l’Ancp. L’organisation demande que les autorités détaillent les contours de cette opération. Elle souhaite notamment connaître les dettes concernées, les créanciers qui seront impliqués, les économies attendues ainsi que les conséquences de ces mesures sur les finances publiques et les générations futures. Pour l’Ancp, ces décisions engagent durablement l’avenir économique du pays et ne sauraient être prises sans un exercice de pédagogie envers les Sénégalais.
Au-delà des équilibres budgétaires, l’Alliance insiste sur la dimension sociale du programme. Elle met en garde contre une lecture exclusivement financière du redressement économique et rappelle que celui-ci devra avant tout améliorer les conditions de vie des populations.
La réforme annoncée des subventions énergétiques constitue, selon elle, un test majeur. Si une rationalisation peut contribuer à assainir les finances publiques, elle doit impérativement être accompagnée de dispositifs efficaces de protection des ménages vulnérables.
L’Ancp invite ainsi le gouvernement à expliquer clairement l’impact attendu de ces réformes sur les prix de l’énergie, le coût de la vie et le pouvoir d’achat, rappelant que le Fmi lui-même fait du renforcement des transferts sociaux ciblés une priorité de son nouveau programme.
La structure appelle également à préserver le dynamisme du secteur privé, estimant que l’assainissement budgétaire ne doit pas freiner l’investissement, l’emploi et l’activité économique.
Enfin, elle salue les engagements affichés en matière de transparence budgétaire, de gouvernance et de gestion de la dette, tout en soulignant que ces promesses devront désormais se traduire par des actes concrets, des informations accessibles au public et un suivi régulier par la représentation nationale.
L’Ancp affirme aussi qu’elle restera vigilante quant à la mise en œuvre de l’accord avec le Fmi afin que le redressement des finances publiques ne se fasse ni au détriment du pouvoir d’achat des Sénégalais, ni de l’avenir des générations futures.
Nd. Kh. D. F
 

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