Dans un entretien accordé à France 24 et RFI, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité sénégalaise et internationale. Il assume notamment le soutien du Sénégal à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Onu, défend la politique sociale menée dans le cadre du programme avec le Fmi et revient sur ses divergences avec Ousmane Sonko, le calendrier électoral, la sécurité sous-régionale et les préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
Candidature de Macky Sall à l’Onu
«La candidature de l’ancien président de la République du Sénégal garde toutes ses chances. On ne sait pas ce que seront les votes des cinq membres du conseil de sécurité. Le jeu reste ouvert. Nous sommes en train de faire le travail. De notre point de vue, nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent et j’estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles. Qui de mieux pour défendre l’Afrique qui est sous-représentée, une meilleure place de l’Afrique que Macky Sall. Qui de meilleur pour défendre la réforme de l’architecture financière internationale que le président Macky Sall qui a subi les affres de la dette qui ont plombé les ambitions qu’il a eues et qu’il partage avec beaucoup de pays du Sud. Sous ce rapport, il est de note devoir de le soutenir en tant que Sénégalais, parce que nous pensons que la place qui doit être celle de l’Afrique ne peut mieux être défendue que par un Africain».
«La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment»
«La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment que j’ai prêté le 2 avril 2024 face au peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ces référents, il n’y a pas d’autres choses qui m’engagent. Sur la Lfr comme pour les autres lois, chaque institution assume ses responsabilités et le peuple arbitre saura juger chacun par rapport à la posture qui est la sienne. J’estime que dans le contexte où nous sommes par rapport aux efforts que nous sommes amenés à faire pour le bénéfice des Sénégalais, ces représentants ne sauraient avoir un autre comportement patriotique que d’accompagner cette dynamique qu’ils ont trouvée, qu’ils ont eu à manager avec nous, qui est restée en l’état, que nous sommes en train de travailler à juguler».
«Nous avons avec Ousmane Sonko eu des divergences persistantes sur certains sujets»
«Non même pas. Nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets. Le président de la République que je suis l’avait choisi comme Premier ministre en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution. Quand cette rupture de confiance a persisté, j'ai choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance et la République est à l’heure».
«Dissolution de l’Assemblée nationale : pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ?»
«Nous ne sommes pas au 2 décembre et nous ne nous faisons pas de fixation de dissolution ou sur l’organisation d’élections à telle ou telle autre date. Rien ne me contraint à parler ou à fixer la date des élections en ce moment. Et si cela devrait se faire, ça serait dans le cadre d’un consensus. Vous savez mon attachement au dialogue et mon sens de la concertation par rapport à ce qui concerne les affaires publiques. Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu selon ce qu’on aura en face, on décidera. Mais la seule boussole que nous avons, c’est l’intérêt supérieur du peuple sénégalais et la fluidité dans la communication des institutions. Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir un blocage qui soit absolument insurmontable. C’est justement quand de telles situations arrivent que la Constitution a emménagé des pouvoirs de chaque institution qu’elle puisse agir en conséquence.
Supposé report des élections territoriales du 17 janvier 2027
Il n’y a rien qui urge en réalité et je ne voudrais pas que nous soyons dans l’obsession électorale permanente alors que nous avons quelque chose qui devrait nous préoccuper. C’est comment discuter avec le Fonds. Obtenir un accord, un programme qui passe en conseil d’administration, qui soit approuvé et qui restaure définitivement la confiance des partenaires vis-à-vis du Sénégal. C’est cela ma préoccupation.
Criminalisation de l’homosexualité
Est-ce que dans ces pays dont vous parlez, lorsqu’ils ont légalisé l’homosexualité, nous avions été choqués ? Est-ce que nous avons réagi ? Non, nous avons considéré que c’est des pays souverains qui ont fait leur option législative et nous l’avons respectée. Nous demandons la même chose.
La politique migratoire respective
De notre côté, c’est de ne pas laisser ces migrants entre les mains de passeurs et de trafiquants d’êtres humains. Il est de notre responsabilité d’empêcher ces départs. Nous sommes en train de réaliser des résultats extrêmement importants depuis 2024 au Sénégal. Ce que nous faisons en collaboration avec d’autres pays de destination de ces flux migratoires irréguliers. Sous ce rapport, quand nous ramenons des migrants sur la terre ferme, il est de notre responsabilité de les prendre en charge