Dans une réponse officielle publiée le 10 juin 2026, la France a exprimé sa préoccupation après l’adoption au Sénégal d’une nouvelle loi renforçant les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe et réaffirmé son engagement en faveur de la protection des droits des personnes LGBT+. Paris indique également avoir reçu plusieurs demandes individuelles liées à ce contexte à travers son ambassade et son consulat général à Dakar.
La France sort de sa réserve sur la nouvelle législation sénégalaise relative à l’homosexualité. Dans une réponse officielle à une question écrite publiée le 10 juin 2026, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude à la suite de la promulgation, le 30 mars dernier, d’une loi qui renforce considérablement la répression des relations sexuelles entre personnes de même sexe au Sénégal.
Le texte, adopté par les autorités sénégalaises au cours des derniers mois, prévoit un durcissement des peines déjà existantes contre les relations homosexuelles. Il introduit également de nouvelles dispositions visant l’apologie et le financement destinés à promouvoir l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité.
Face à cette évolution législative, la diplomatie française rappelle sa position traditionnelle sur les questions relatives aux droits des minorités sexuelles. «La France a exprimé sa préoccupation à la suite de la promulgation au Sénégal, le 30 mars 2026, d’une loi qui durcit les peines encourues pour relations sexuelles entre personnes de même sexe et pénalise l’apologie et le financement en vue de promouvoir l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité», indique le ministère dans sa réponse officielle.
Paris souligne également son attachement aux principes universels des droits humains. «Elle a rappelé son attachement au respect des droits de l’Homme dans leur universalité et leur indivisibilité, ainsi que son engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de la défense des droits des personnes LGBT+ et de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre», poursuit le texte.
Le ministère français affirme également son soutien aux personnes susceptibles d’être affectées par cette évolution juridique. «La France a exprimé son plein soutien à toutes les personnes discriminées partout où leurs droits sont remis en cause, et en particulier à tous ceux que cette loi met en danger», souligne le document.
Au-delà de cette déclaration de principe, Paris indique avoir engagé des discussions avec les autorités sénégalaises dans le cadre du dialogue bilatéral entre les deux pays. «La France est mobilisée dans le cadre de son dialogue avec ses partenaires sénégalais», précise encore le ministère.
Selon le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, plusieurs demandes individuelles ont été enregistrées par les services diplomatiques français à Dakar depuis l’adoption de la nouvelle loi. «Notre ambassade et notre consulat général à Dakar ont par ailleurs reçu des demandes individuelles de diverses natures en lien avec ce contexte, et s’emploient à y répondre», indique la réponse officielle.
La diplomatie française refuse cependant d’apporter davantage de précisions sur ces sollicitations. «Pour des raisons évidentes de confidentialité et de sécurité, il n’est pas possible de donner d’informations complémentaires s’agissant de la nature, du volume ainsi que du traitement réservé à ces demandes», ajoute le ministère.
Le gouvernement français indique enfin que cette situation dépasse le seul cadre bilatéral franco-sénégalais. «Cette situation fait par ailleurs l’objet d’échanges avec nos partenaires européens et affinitaires», conclut le texte. Cette mention suggère que la question est suivie de près au niveau européen et fait désormais partie des sujets examinés entre plusieurs partenaires occidentaux du Sénégal.
Sidy Djimby NDAO
(Correspondant permanent en France)