Au lendemain de la Déclaration de politique générale (Dpg) du Premier ministre, le Parti socialiste (Ps) livre sa lecture du discours présenté devant l’Assemblée nationale. Dans une note politique publiée par son porte-parole national, Abdoulaye Wilane, la formation socialiste relève une inflexion dans le discours gouvernemental, tout en estimant que celle-ci doit désormais être suivie de résultats concrets.
Pour le porte-parole du Ps, la Dpg marque une évolution dans le discours du gouvernement. «Comparé au discours de son prédécesseur, celui-ci apparaît incontestablement plus lucide sur les contraintes auxquelles notre pays est confronté», écrit Abdoulaye Wilane. Selon lui, «les difficultés sont désormais reconnues, les marges de manœuvre apparaissent plus clairement et le langage de la responsabilité semble progressivement prendre le pas sur celui des promesses».
Du «4ème étage sous-sol» au «5ème étage»
Abdoulaye Wilane relève par ailleurs ce qu’il qualifie de «paradoxe politique» dans la Dpg. «Si l’on reprend leur propre métaphore, le Sénégal serait donc passé du quatrième au cinquième étage sous-sol.» Le porte-parole du Ps pose alors une question qu’il juge centrale : «Qu’est-ce qui a changé pour les Sénégalais ?»
Il rappelle que la nouvelle majorité est arrivée au pouvoir «avec la promesse d’une transformation profonde du pays », dans un contexte de «forte attente populaire».
Le PS réclame des changements mesurables
Pour le Parti socialiste, le principal enseignement de cette DPG réside précisément dans cette exigence de résultats. «Le pays est arrivé au moment où les mots doivent céder la place aux résultats», affirme Abdoulaye Wilane.
Le responsable socialiste cite plusieurs préoccupations auxquelles le gouvernement doit désormais apporter des réponses concrètes : « l’emploi, le coût de la vie, l’activité économique, les investissements, les services publics, l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et les conditions de vie dans les territoires ». « Ils ne demandent pas l’impossible. Ils demandent simplement que le pouvoir traduise son mandat en actes », poursuit-il.
Le gouvernement, estime-t-il, doit donc être jugé « non seulement sur la cohérence de ses diagnostics, mais surtout sur sa capacité à produire des changements mesurables ». Car, prévient le porte-parole du Ps, « la politique ne peut durablement vivre de promesses différées ».
Une opposition « républicaine, exigeante et responsable »
Dans cette note, le Parti socialiste précise également la ligne qu’il entend suivre dans son opposition au pouvoir. « Le Parti socialiste entend, pour sa part, inscrire son opposition dans une démarche républicaine, exigeante et responsable », affirme Abdoulaye Wilane.
Il précise : « nous ne confondons pas l’opposition avec le rejet systématique. Nous ne considérons pas que tout ce que fait un gouvernement est nécessairement mauvais parce qu’il est au pouvoir. » Mais le PS refuse également, ajoute-t-il, « que la reconnaissance des difficultés serve de substitut à l’action ».
La formation socialiste appelle ainsi à sortir de « la confrontation permanente entre le passé et le présent » et souhaite une gouvernance « capable de regarder la réalité en face, d’assumer ses choix et de rendre compte de ses résultats ».
Dans cette perspective, Abdoulaye Wilane énumère les interrogations que son parti entend porter dans le débat public : « où allons-nous ? Avec quels moyens ? À quel rythme ? Et pour quels résultats ? »
« Le Sénégal attend aujourd’hui des actes »
En définitive, le Parti socialiste considère que la DPG peut constituer « une inflexion bienvenue dans le discours gouvernemental », notamment parce qu’elle reconnaît davantage les contraintes et semble rompre avec « certaines facilités rhétoriques de la période précédente ».
Mais cette évolution du discours ne suffit pas, selon Abdoulaye Wilane. « Une Dpg n’est pas seulement un exercice de lucidité. Elle engage la responsabilité d’un gouvernement devant la représentation nationale et, au-delà, devant l’ensemble du peuple sénégalais », rappelle-t-il.
Après près de trente mois de pouvoir, « les Sénégalais ne peuvent plus être invités à attendre uniquement les résultats de demain », estime le porte-parole socialiste. « Le Sénégal attend aujourd’hui des actes », tranche-t-il.
Le Parti socialiste assure enfin qu’il continuera d’exercer son rôle « avec vigilance, sans complaisance et sans esprit de revanche ». Une posture qu’Abdoulaye Wilane inscrit dans une exigence plus large : « Au-delà des alternances, des partis et des hommes, il existe une permanence : la République du Sénégal et l’exigence de servir son peuple. »
Sidy Djimby NDAO