Khadim Rassoul Diop, soudeur métallique de son état a été jugé hier, mardi, 26 mai 2026, devant la chambre criminelle de Dakar. Il est accusé de viol et de pédophilie par la domestique de son épouse, F. Ndiaye, âgée de 14 ans en 2025 au moment des faits.
Placé sous mandat de dépôt depuis avril 2025, Khadim Rassoul Diop, 41 ans et père de 6 enfants, croupit en prison depuis plus d'un an pour des faits de viol et de pédophilie. Faits pour lesquels il a été jugé mardi, 26 mai 2026, devant la chambre criminelle de Dakar. Il est accusé par la domestique de son épouse, F. Ndiaye, âgée à l'époque de 14 ans. Ce soudeur métallique demeurant à Niary-Tally a été arrêté à la suite de la plainte de Ousmane Ndiaye, civilement responsable de la victime. Face aux policiers, F. Ndiaye avait déclarait avoir accompagné sa patronne Yacine Diop, épouse du sieur Diop au domicile de sa grande sœur, le jour des faits. C'est dans ces circonstances précisait-elle que son employeuse lui avait demandé, aux environs de 16h, de retourner à son domicile conjugal et de servir le repas à son mari. S'exécutant, elle précisait ainsi que le conjoint de sa patronne, après avoir fini de se restaurer, l’a trouvée dans sa chambre conjugale où il a abusé d'elle sexuellement malgré la résistance farouche qu'elle lui avait opposée. Après cet abus sexuel, la victime présumée a dit avoir quitté l'appartement de sa patronne avant de se rendre directement chez son grand-frère, Ousmane Ndiaye.
Après cette dénonciation, une réquisition a été adressée aux médecins qui ont examiné la gamine. Ainsi, l'homme de l'art avait conclu que la vulve et le périnée de F. Ndiaye étaient souillés de sang. Le médecin précisait aussi dans son rapport qu'elle présentait des lésions hyménales d'allure récente. Khadim Rassoul Diop, en ce qui le concerne, après son forfait, avait pris la fuite en se rendant à Tivaouane chez un parent, laissant sa famille régler l'affaire à l'amiable.
Mais quand il a appris que sa mère a été conduite au Commissariat pour les besoins de l'enquête, il s’est livré spontanément le lendemain. Il a nié les faits au cours de son interrogatoire à la police en soutenant avoir aperçu F. Ndiaye en compagnie d'un garçon devant la porte de la maison avant de descendre de la terrasse pour la sommer de cesser ses fréquentations et de la renvoyer chez elle en attendant le retour de sa patronne. Ousmane Ndiaye, frère de la fillette, entendu, déclarait que sa petite-sœur est arrivée à son atelier en pleurs, le pantalon tacheté de sang. Il a affirmé que la famille de ce dernier était venue à son domicile lui présenter des excuses tout en lui indiquant que leur fils regrettait son acte.
Ce que Khadim Rassoul Diop a contesté à l'audience. Il a d'ailleurs révélé qu'il ne pouvait pas la violer dans cet appartement parce que sa sœur s’y trouvait.
Son accusatrice F. Ndiaye a quant à elle maintenu ses accusations contre Khadim Rassoul Diop. Son demi-frère, Ousmane Ndiaye, d'enfoncer le clou : "quand ma sœur m'a trouvé au marché Nguélaw en pleurs, avec un pantalon maculé de sang, elle saignait toujours jusqu'au moment où je la conduisis à l'hôpital. Je ne lui réclame rien du tout par peur d'être taxé d'opportuniste mais, je souhaite juste qu'il prenne en charge ma petite-sœur afin qu'elle se soigne", a-t-il confié.
La femme de l'accusé, Yacine Diop, a de son côté disculpé celui-ci en soutenant qu'ils sont mariés depuis 9 ans mais, qu'il n'a jamais eu d'écarts dans sa vie. Après que le procureur a requis l'application de la loi contre l'accusé, l'un des avocats de la défense, Me Abdou Aziz Djigo, a contesté la minorité alléguée par la victime. Selon lui, il leur faut un acte d'état civil pour déterminer si elle était mineure au moment des faits. Rien ne permet de le dire, précise toujours Me Djigo. Lui et son confrère Me Baba Diop ont demandé son acquittement. "Il a toujours contesté les faits. Je doute de son âge puisqu'elle ne produit aucun acte d'état civil pour nous édifier. En plus, il y a un doute dans cette affaire", a plaidé le conseil avant que le délibéré ne soit fixé au 23 juin prochain.
Fatou D. DIONE