Dans un esprit de gouvernance participative, le chef de l’État a dévoilé devant les « Ambassadeurs de la Paix » les contours de ses futurs projets de lois, incluant une révision de la Constitution et un nouveau Code électoral. Affirmant que les textes fondamentaux transcendent les mandats, il a insisté sur la nécessité d'un large partage public de ces réformes pour garantir un processus politique serein et durable au Sénégal pour les trois prochaines décennies.
Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience aux Ambassadeurs de la paix au palais de la République, dans un contexte marqué par la nécessité de consolider le vivre-ensemble et de prévenir les tensions sociales. Face au Président, la délégation a présenté un bilan détaillé de ses interventions de terrain. Selon ses membres, ces actions, menées au plus près des populations, visent à anticiper les crises sociales en désamorçant les tensions avant leur escalade, tout en favorisant des mécanismes locaux de concertation.
Le président de la République a salué « une initiative en phase avec les exigences d’une gouvernance apaisée », soulignant que le dialogue constitue, selon lui, un levier central de l’action publique. Il a, dans cette dynamique réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir toutes les démarches contribuant à l’écoute citoyenne, à la stabilité sociale et au renforcement de l’unité nationale.
La délégation comprenait notamment Abdoul Aziz Kébé, Pape Ibrahima Diagne, Babacar Guèye, Boucounta Diallo, Haoua Dia Thiam, Mody Guiro, ainsi que plusieurs autres personnalités engagées dans les dynamiques sociales et culturelles du pays.
Prenant la parole, Pape Ibrahima Diagne a rappelé à Diomaye Faye son vœu de cultiver la paix et la cohésion sociale. "Quand vous avez tenu ces paroles, nous ne pouvons que vous accompagner dans votre volonté de réconcilier tout le monde. Nous avons aussi remarqué qu'il y a beaucoup de problèmes avec des disputes et des accusations entre des hommes politiques d'ailleurs vous-mêmes vous êtes la cible de certaines accusations. Cela doit s'arrêter", dit-il. Le Président de répondre : "la paix est de la responsabilité de tout un chacun. Nous devons vous renforcer et je ne fais pas de dialogue juste pour discuter mais pour un consensus. Nous devons identifier les causes de conflits et les éradiquer". Et d'ajouter : "je n'ai pas eu le temps d'une convalescence émotionnelle parce qu'en dix jours je suis passé de présumé terroriste à responsable de la paix et de la cohésion sociale. Donc je ne pouvais pas réclamer justice, je devais juste me consacrer à la cohésion sociale comme j'ai eu à le jurer durant ma prestation de serment".
Le chef de l’État a expliqué pourquoi il a tenu à ce que les avant-projets soient partagés avec le public. "Quand ils confectionnaient le code consensuel de 1992, j’étais à l’école primaire. Et je ne pouvais pas savoir, alors, que c’est sous ce code que je serais élu Président en 2024. Donc en concevant le Code électoral de 2026, disons-nous que pour les trente prochaines années, c’est lui qui devra garantir un processus électoral serein », a expliqué le chef de l’Etat aux ambassadeurs de la paix.
"La Constitution ne nous appartient pas..."
Et d’ajouter : « j’ai tenu à partager les textes, car la Constitution ne nous appartient pas. Elle transcende le mandat. Nous ne sommes propriétaires ni de la Cour constitutionnelle, ni de la loi sur les partis politiques. Déjà nous qui avons été élus, notre parti n'a que douze ans, alors qu’il y a des partis qui sont nés depuis l’indépendance. Donc en faisant une réforme qui s’adresse aux partis politiques, on doit en discuter avec tous. C’est pourquoi, avant son adoption en Conseil des ministres, j’ai tenu à ce que ce soit présenté à tous.»
En effet, les avant-projets présentent quatre futurs projets de réforme. La révision de la Constitution va procéder à l’adaptation du préambule de la Constitution, au rééquilibrage des pouvoirs au sein de l'exécutif avec de nouvelles prérogatives conférées au Premier ministre, au renforcement du contrôle parlementaire.
La coordination du programme est assurée par Cheikh Tidiane Cissé et Papa Assane Tine, qui pilotent les initiatives de terrain à l’échelle nationale. À travers cette rencontre, l’exécutif sénégalais réaffirme sa volonté d’inscrire la gouvernance dans une logique participative, misant sur les relais communautaires pour ancrer durablement la paix sociale.
Samba THIAM