DIFFUSION D’IMAGES VIOLENTES DANS UNE CERTAINE PRESSE : Le Cored menace et rappelle les lignes rouges de l’éthique journalistique




 
 
 
Face à la recrudescence de la diffusion d’images de violence jugées choquantes et insoutenables, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored), dans un communiqué rendu public le 27 janvier 2026, met en garde les professionnels des médias contre des dérives contraires aux principes fondamentaux du journalisme et rappelle que le droit à l’information ne saurait s’exercer au détriment de la dignité humaine.
 
Le Cored se dit profondément préoccupé par la multiplication de contenus visuels violents diffusés dans certains médias, notamment à la suite d’accidents ou de faits survenus dans la sphère domestique. L’organe d’autorégulation déplore que des images à caractère choquant aient été publiées et relayées le 26 janvier 2026, sans considération suffisante pour les conséquences psychologiques sur le public, en particulier les personnes vulnérables et les âmes sensibles. Selon le Conseil, ces pratiques traduisent une méconnaissance, voire un mépris, des règles élémentaires d’éthique et de déontologie qui encadrent l’exercice du métier de journaliste. « Informer ne signifie pas tout montrer », rappelle le Cored, insistant sur la nécessité d’un discernement accru dans le choix des images et des séquences diffusées.
 
 
 
Le droit à l’information encadré par la loi et la déontologie
 
Dans son communiqué, le Cored rappelle que le droit du public à l’information, souvent invoqué pour justifier la publication de contenus sensibles, est strictement encadré par les textes en vigueur. L’article 18 du Code de la presse est cité à cet effet, soulignant que le compte rendu, qu’il soit fait par le texte, l’image ou le son, d’accidents et de catastrophes, trouve ses limites dans le respect de la souffrance des victimes et de leurs proches. Cette disposition légale impose aux professionnels des médias une obligation de retenue et de responsabilité, en particulier lorsque les faits rapportés impliquent des scènes de mort, de blessures graves ou de violence intime. Le Cored rappelle que la recherche de l’audience ou du sensationnel ne saurait justifier la transgression de ces limites clairement établies par la loi.
 
 
 
La dignité humaine au cœur du métier de journaliste
 
Au-delà du cadre légal, le Conseil invoque également l’article 3 de la Charte des journalistes du Sénégal, qui engage les professionnels des médias à respecter, en toute circonstance, la dignité de la personne humaine, notamment celle des groupes minoritaires et des personnes en situation de vulnérabilité. Pour le Cored, la diffusion d’images violentes, sans précaution ni contextualisation adéquate, constitue une atteinte directe à ce principe fondamental. Elle peut raviver des traumatismes, porter atteinte à la mémoire des victimes et exposer le public à des contenus inadaptés, parfois sans avertissement préalable.
 
 
 
Des dérives nommément pointées du doigt
 
Le Conseil ne se contente pas d’un rappel de principe. Il déplore explicitement la récurrence de ces dérives dans certains organes de presse, citant des publications parues dans un quotidien et un média en ligne le lundi 26 janvier 2026. Ces contenus, jugés contraires aux règles déontologiques, illustrent, selon le Cored, une tendance inquiétante à banaliser la violence à travers l’image. Sans verser dans la stigmatisation, l’organe d’autorégulation estime nécessaire d’alerter l’ensemble de la profession sur les risques d’un tel glissement, qui menace à terme la crédibilité des médias et la confiance du public.
 
 
 
Un avertissement clair et un appel à la responsabilité
 
Face à ces constats, le Cored met formellement en garde contre la publication et la diffusion d’images de violence insoutenables, en particulier celles liées à des accidents ou à des scènes relevant de la vie privée. Le communiqué tient lieu d’avertissement et appelle les rédactions à faire preuve de responsabilité, de discernement et de respect dans le traitement des contenus visuels. Le Conseil invite les journalistes et techniciens des médias à se rappeler que leur mission première est d’informer sans nuire, d’éclairer sans choquer inutilement, et de servir l’intérêt général tout en préservant la dignité humaine.
 
 
 
Préserver l’éthique pour sauvegarder la confiance du public
 
En conséquence le Cored réaffirme que le respect de la dignité humaine demeure un pilier essentiel du journalisme professionnel. À l’heure où les images circulent instantanément et massivement, la responsabilité des médias est plus que jamais engagée. L’organe d’autorégulation appelle ainsi l’ensemble des acteurs de l’information à une introspection collective, afin de renforcer les bonnes pratiques et d’éviter que la quête de l’impact visuel ne prenne le pas sur les valeurs fondamentales de la profession. Car, rappelle le Cored, une information responsable est aussi celle qui protège, respecte et humanise.
BMS
 
 
 
 
 
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