DIFFAMATION ET DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES : Les conseils du Pdg de Leral du membre du Forum civil demandent l'annulation des poursuites initiées par Abdoulaye Sylla Ecotra contre leurs clients




 
 
 
Annuler la procédure initiée par Abdoulaye Sylla Ecotra contre leurs clients, c'est ce que souhaitent les avocats du Pdg du groupe Leral, Dame Dieng et d'Ibrahima Niang, membre du Conseil d'administration du Forum civil. Pour tirer d'affaire ces prévenus poursuivis pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles, leurs avocats ont soulevé des exceptions en dénonçant des "irrégularités dans la procédure et des violations des droits de la défense". Ce faisant, les robes noires ont demandé au tribunal hier, jeudi 11 juin 2026, de déclarer la procédure irrecevable et de l'annuler.
 
 
 
 
Prévu pour être jugé hier, jeudi 11 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Dakar, le dossier qui oppose le patron d'Ecotra Abdoulaye Sylla au Pdg du groupe Leral, Dame Dieng et à Ibrahima Niang, n'a pu être finalement retenu. Dès que l’affaire a été appelée, les avocats de la défense ont soulevé des exceptions après que le tribunal a notifié aux prévenus les infractions de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles pour lesquelles ils sont poursuivis. Les robes noires, qui ont dénoncé une procédure "viciée" et "entachée d'irrégularités", ont demandé au juge de déclarer les poursuites irrecevables, au regard de ces observations. Substituant Me Souleymane Soumaré, Me Abou Abdoul Daff a d'abord relevé comme grief le délai que la loi accorde aux personnes poursuivies pour diffamation pour produire leurs preuves. Selon le conseil, ce dispositif n'a pas été respecté au moment où son client, Dame Dieng, recevait sa citation à comparaitre dans cette affaire. "Ils sont poursuivis pour diffamation ; une infraction qui est particulière. D'abord, la loi prévoit un délai de 10 jours pour leur permettre de rapporter la preuve du fait diffamatoire. Cette disposition légale n'est pas respectée. Pour le cas de Dame Dieng, par exemple, il a reçu la citation le 18 mars 2025 pour une comparution du 27 mars. À partir de ce moment, on ne leur a pas mis un délai pour rapporter la preuve du fait diffamatoire. Comment peut-il respecter cela en passant par la citation du parquet ? Cette citation est nulle. L'action publique est irrecevable parce qu'elle n'est pas bien actionnée et il faut considérer que la citation est nulle ainsi que tous les autres actes de la procédure", a martelé Me Daff qui a demandé au tribunal de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir.
La même demande a été formulée par l'avocat de Ibrahima Niang, membre du conseil d'administration du Forum civil. Le conseil a allégué que son client a reçu sa citation à la date du 24 mars 2024. Un délai qui, dit-il, ne pouvait pas lui permettre de préparer sa défense en produisant la preuve du fait diffamatoire.
 
 
Me Seyni Ndione, avocat de Abdoulaye Sylla, rejette
 
 
Par contre, le conseil d'Abdoulaye Sylla, Me Seyni Ndione, n'est pas d'avis avec la partie adverse et a juste demandé au juge de rejeter toutes les exceptions que la défense a soulevées. Me Ndione a déclaré que dans cette histoire, c'est une plainte du 3 août 2024 qui a été adressée au parquet pour des faits de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles contre les prévenus. À ce titre, explique toujours l'avocat, le parquet a instruit et a demandé à la Sûreté urbaine de mener l'enquête. "Il ne faudrait pas confondre les textes qui régissent la citation directe et le parquet. Encore une fois, il ne faut pas se méprendre sur les textes. Chacun d'eux a été amené à produire les faits. Pour le cas de Dame Dieng, il a produit une partie en déposant un texte tiré de Senenews. Ibrahima Niang, pour sa part, avait dit qu'il attendait. Il faut retenir le dossier et le juger", a-t-il pesté en précisant que ce sont des exceptions mal fondées qu'il faut rejeter.
 
Le procureur en phase avec la défense
 
 
Le procureur, de son côté, a, dans ses observations, tout comme le conseil des prévenus rappelé à la défense que c'est un soit-transmis qui a été fait dans cette affaire. Sur cette exception, le parquet a demandé à ce qu'elle soit rejetée puisque, selon lui, elle n'est pas fondée. Mais, par rapport aux délais impartis par la loi en ce qui concerne la production du fait diffamatoire, le représentant du parquet a clairement indiqué qu'il n'avait nullement vu dans la procédure là où cela a été mentionné. J'adhère aux observations des avocats de la défense pour cela, a-t-il avancé. Il a par ailleurs requis le rejet de l'exception concernant ladite "citation à parquet" selon la défense. Le tribunal a fixé le délibéré sur les exceptions au 25 juin prochain.
 
Fatou D. DIONE
 
 
 
 
 
 
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