DIFFAMATION CONTRE LES SOCIÉTÉS VICAS ET DELTA : Cheikh Dieng demande l'annulation de la procédure jugée viciée, le délibéré sur les exceptions renvoyé au 8 avril 2026




 
 
 
L'ancien directeur de l'Onas, Cheikh Dieng, sera fixé le 8 avril 2026 sur les procédures que les sociétés Delta et Vicas ont initié contre lui. Car, c'est à cette date que le juge du tribunal correctionnel de Dakar statuera sur les exceptions portant sur la "nullité et l'irrecevabilité" de la procédure que ses avocats ont soulevée. Le dossier a été évoqué hier, mercredi 25 mars 2026, devant la même juridiction.
 
 
 
L'affaire de diffamation opposant les sociétés Delta et Vicas contre le docteur Cheikh Dieng a été appelée hier, mercredi 25 mars 2026, pour la énième fois devant le tribunal correctionnel de Dakar. Puisque chacune de ces entités lui a servi une citation directe et s'est constituée partie civile, c'est le dossier qui l'oppose à l'entreprise Delta qui a été en premier évoqué à l'audience. Mais, après que le juge a fini de notifier les infractions de diffamation, calomnies et d'injures publiques qui lui sont reprochés, les avocats de Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l'Onas, (Office national de l'assainissement du Sénégal), ont soulevé des exceptions concernant la nullité de la procédure. Ces robes noires estiment ainsi que ladite procédure est entachée de violations et doit être déclarée nulle et irrecevable.
 
Me Baba Diop s’explique
Me Baba Diop, premier à prendre la parole, a indiqué dans ses observations qu'il y avait "une violation de la citation du 11 septembre 2024 qui a été servie à la mairie et non à son client. Il s'y ajoute, selon lui, que les textes de lois n'y sont pas évoqués même si les faits y figurent. "En regardant la citation, on ne voit pas les textes qui sont visés. Alors que l'article 624 dit qu'il faut évoquer les textes visés. Par ailleurs, la partie civile n'a pas indiqué la qualité du prévenu dans l'exploit d'huissier. Nous constatons aussi que la citation a été faite par une personne morale à savoir la société Delta. Alors, cette formalité est sanctionnée d'une nullité", a-t-il tonné en demandant au tribunal de déclarer la citation nulle et la procédure irrecevable. Me Diop a aussi soutenu que par rapport à ces faits-là, la presse, qui a le rôle de diffuseur, devait être installée dans la cause comme auteur principal et non pas Cheikh Dieng. L'avocat a d'autre part fait état de l'exception veritatis. Là aussi, il a révélé que l'article 624 du code pénal dit que la citation doit être signifiée et le contraire serait sanctionné par une nullité. Ce qui veut dire, selon lui, que c'est la signification qui fait que la personne puisse prouver l'exception veritatis. En ne le faisant pas, il ne pouvait pas se prévaloir de sa défense et prouver que ce qu'il disait était vrai en produisant ses preuves dans un délai de 10 jours comme le prévoit la loi. Mais, précise-t-il, il s'est trouvé que Cheikh Dieng n'a jamais reçu la citation. «On ne peut pas lui opposer les dispositions de l'article 627 puisqu'il a appris cette procédure à travers la presse», dit-il toujours.
 
 
Les avocats de Delta et Vicas rejettent…
 
 
Du côté de la partie civile, la société Delta, Me François Faye a demandé au tribunal de rejeter toutes les exceptions soulevées par la défense. Le conseil a affirmé avoir cité dans sa citation directe les textes de lois applicables aux faits reprochés à Cheikh Dieng.  "On ne peut pas nous dire qu’on n’a pas évoqué les textes de lois applicables. Nous avons évoqué le code pénal et les articles 248, 258 etc. du code pénal. Il a aussi été plaidé l'article 624 du code à savoir que la qualité du prévenu n'a pas été évoquée. Il n'y a aucun texte qui dit qu'il faut marquer prévenu", a indiqué Me Faye. Il poursuit pour répondre à Me Baba Diop pour ce qui est de la presse qu'il qualifie de diffuseur et qui devait être attraite à la barre comme auteur principal. "Nous ne sommes pas dans le cas où il y a un diffuseur à attraire à la barre. C'est Cheikh Dieng qui a écrit un communiqué qu'il a lui-même diffusé dans la presse. Il n'y a pas de diffuseur à attraire à la barre", a-t-il indiqué en sollicitant le rejet de tous les exceptions de la défense.
Me El Hadji Dièye qui a pris la parole pour la défense des intérêts de la société Vicas a confié que "ce sont des exceptions préméditées que la défense a soulevées". Lui aussi a plaidé le rejet des exceptions. "Au moment de son point de presse, il avait dit qu'il était prêt à prouver les faits. Il a par la suite organisé son injoignabilité après que cette procédure a été initiée. Il a été joint au téléphone, mais il a refusé de prendre parce qu'il savait qu'il y avait un huissier qui le traquait pour lui donner une citation. Il est né et connu dans la banlieue plus précisément à Djidah Thiaroye Kao. Il était le directeur de l'Onas au moment où il recevait la citation. Il n'y a aucune disposition pénale qui nous dit qu'on devait le chercher dans Dakar. Cette citation, elle est régulière", a-t-il plaidé.
À la suite des plaidoiries des parties, le juge a renvoyé le délibéré sur les deux affaires au 8 avril 2026 après que le parquet a confié n'avoir pas d'observations à faire. Cheikh Dieng, pour rappel, est traîné devant cette juridiction pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles par suite de deux citations directes que lui ont servies les entreprises Vicas et Delta. C'est au cours d'une conférence de presse qu'il avait déclaré que ces deux entreprises "sont celles choisies par le ministre Cheikh Tidiane Dièye pour bénéficier d’une entente directe". Il persistait en ajoutant que ces deux sociétés sont en situation monopoliste sur les marchés de l’Onas avec plus de 52% de la valeur totale des marchés de 2021 à 2024. Toutefois, les parties civiles lui réclament la somme de 200 millions de F Cfa en guise de réparation.
 
Fatou D. DIONE
 
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