DEVELOPPEMENTS ECONOMIQUES RECENTS ET PERSPECTIVES 2026 : La croissance économique du Sénégal estimée à 2,5% en 2026 contre 6,7% en 2025




 
 
 
 
 
L’économie sénégalaise devrait être marquée par la poursuite de la consolidation budgétaire avec un déficit public projeté à 5,4% du Pib en 2026. Cependant, la croissance économique estimée à 2,5% en 2026 par rapport à 6,7% en 2025, connait une décélération en lien avec une baisse de la contribution des hydrocarbures après une année pleine de production.
 
 
 
 
 
Dans un contexte marqué par le début de mise en œuvre du Programme de redressement économique et social (Pres) avec l'instauration de nouvelles taxes ; l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj) au dernier trimestre de l'année; et une conjoncture internationale défavorable, la croissance économique en 2026 – telle qu’elle résulte des Développements économiques récents et perspectives 2026 du ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération du mois de mars 2026 - est estimée à 2,5% par rapport à 6,7% en 2025, marquant une décélération en lien avec une baisse de la contribution des hydrocarbures après une année pleine de production.
 
Une croissance hors hydrocarbures et agriculture de 3% en 2026
 
Il est aussi attendu une croissance économique hors hydrocarbures et agriculture de 3% en 2026 moins que le taux de 5,5% prévu dans la Lfi 2026 au vu du ralentissement observé en 2025. Il s'agit néanmoins d'une hausse de 1,4 points par rapport à 2025 car le ralentissement à 1,6% en 2025 aurait été de 2,3% hors effet extractives et agriculture, et de 2,9% y compris l'agriculture. L'effet des Joj en 2026 viendrait donc en supplément alors que la consolidation budgétaire et la conjoncture internationale atténueraient la vigueur de la demande privée. L'activité économique serait portée par le secteur primaire, avec une croissance estimée à 4,8%, après 7% en 2025; le secteur tertiaire, dont la valeur ajoutée progresserait de 2,8%, après 2,5% en 2025 ; la progression des taxes nettes reste inchangée par rapport à 2025, soit à 2,4%; le secteur secondaire, affichant une croissance plus modérée de 1%, pénalisée par la contre-performance du sous-secteur des hydrocarbures, après 16,7% en 2025.
 
La croissance économique portée par le secteur tertiaire
 
En termes de contribution à la croissance, la dynamique serait principalement soutenue par le secteur tertiaire, avec une contribution de 1,4 point, après 1,3 point en 2025; les taxes nettes, avec une contribution de 0,2 point, inchangée par rapport à 2025 ; le secteur primaire, contribuant à hauteur de 0,7 point, après 1 point en 2025; le secteur secondaire, avec une contribution de 0,3 point, après 4,2 points en 2025 en lien avec la baisse des hydrocarbures (-0,4 point), après une contribution de (+4,5 points) en 2025. S'agissant de l'évolution des prix, le déflateur du Pib est projeté à 1% en 2026, après 3,5% en 2025 en partie du fait des taxes collectées. Du point de vue de la demande, la croissance économique en 2026 serait soutenue par la progression de l'ensemble de ses composantes : les exportations augmenteraient de 1,6%, la consommation finale de 3,4%, l'investissement de 3,7%, tandis que les importations progresseraient de 4,5%, reflétant la demande privée.
 
Les recettes et dons projetés à 24,6% du Pib en 2026
 
En ce qui concerne les Finances publiques, les recettes et dons sont projetés à 24,6% du Pib, soit une amélioration substantielle de 3,8 points de Pib par rapport à 2025. Cette progression résulterait principalement : d'une hausse des recettes fiscales hors hydrocarbures à hauteur d'un (1) point de Pib de l'entrée en vigueur des recettes fiscales issues du Programme de redressement économique et social (Pres) estimées à 2 points de Pib des recettes hydrocarbures et dons à 0,8 point du Pib. La situation des recettes telle que présentée dans la Lfi a été révisée à la suite de l'actualisation du secteur réel. Ces ajustements ont conduit à une révision à la baisse des recettes fiscales hors Pres comparativement à l'objectif de la Lfi. Pour ce qui est du Pres, il a été relevé la suppression de la taxe sur les exportations d'arachide, évaluée à 9 milliards et une moins-value de recettes par rapport aux prévisions de la LFI au premier trimestre 2026.
 
Les dépenses publiques projetées à 30,1% du Pib
 
S'agissant des dépenses publiques, celles-ci ressortiraient à 30,1% du PIB, en hausse de 3 points de Pib par rapport à 2025. Cette augmentation s'expliquerait par une progression marquée des dépenses d'investissement, en lien avec la mobilisation des recettes du Pres, atténuée par une contraction des dépenses courantes. Les dépenses en capital sont ainsi projetées à 9,4% du Pib, soit une hausse de 2,7 points de Pib. Cette évolution serait principalement portée par l'augmentation des dépenses en capital financées sur ressources intérieures, qui progresseraient de 0,8 point de Pib tandis que les dépenses d'investissement financées sur ressources extérieures enregistreraient une progression d'environ 2 points du Pib.
 
Le déficit budgétaire attendu à 5,4% du Pib
 
Dans ces conditions, le déficit budgétaire est attendu à 5,4% du Pib, soit une amélioration de 0,8 point de Pib par rapport à 2025, après une amélioration déjà significative de 7,5 points de Pib en 2025. Cette évolution favorable sera expliquée par une progression des recettes et dons (3,8 points de Pib), partiellement absorbée par la hausse des dépenses publiques (+3 points de Pib), traduisant un rééquilibrage progressif des finances publiques. Par rapport à la Lfi-2026, le déficit budgétaire reste inchangé, soit 5,4% du Pib. Du coté des recettes et dons, il est attendu une baisse d'un point du Pib des recettes budgétaires (1,3 point du Pib), tirée par les recettes du Pres (1 point du Pib). Du coté des dépenses publiques, il est attendu une baisse de même niveau que la baisse des recettes et dons. La révision a principalement porté sur les charges d'intérêts tenant compte de la situation de fin 2025, les subventions à l'énergie et les investissements sur ressources intérieures au vu de la révision des recettes projetées.
 
Le besoin de financement à 6048 milliards dont 3912 milliards attendus du marché de l’Uemoa
 
Dans tous les cas de figure il est prévu le maintien de la trajectoire de consolidation budgétaire. Dans ce scénario le besoin total de financement en 2026 s'établirait à 6 048 milliards contre 6 075,2 milliards dans la Lfi. Pour sa couverture, il est retenu l'hypothèse du maintien du ratio des émissions de titres publics hors TRS rapporté au Pib de l'Uemoa, estimé à 2,6% en 2025. Sur cette base, une mobilisation de ressources hors TRS à hauteur de 3912 milliards est attendue sur le marché financier de l'Uemoa.
 
Le Sénégal espère 595,4 milliards avec l’hypothèse d’un programme avec le Fmi en 2026
 
S'agissant des ressources extérieures, les tirages sur prêts projets sont projetés à 1210 milliards contre 1085 milliards en 2025, tandis que les prêts programmes sont maintenus à 595,4 milliards, sous l'hypothèse de la conclusion d'un programme avec le Fmi avant la fin de l'année. À défaut, ce financement pourrait être assuré par un recours accru aux non-résidents hors Uemoa sur le marché régional comme en 2025. En effet, les financements du Fmi sont rétrocédés à la Bceao qui ensuite octroie un crédit équivalent et en franc Cfa au Sénégal jouant ainsi un rôle équivalent. Un financement du Fmi serait moins coûteux et catalytique à la stratégie d'endettement du Sénégal et de l'Union.
 
La croissance du Pib hors hydrocarbures sur la période 2027-2031 ressortirait en moyenne à 5,1%
 
A moyen terme, malgré la possibilité d'une hausse plus de modérée de la croissance, le maintien du déficit budgétaire à 3% du Pib conjugué à une stratégie d'endettement privilégiant le marché régional devrait permettre de ramener le ratio de soutenabilité de la dette en dessous des seuils critiques. Ceci serait malgré la hausse des charges d'intérêts qui ont augmenté d'une moyenne de 2,8% sur 2019-2024 à 5% sur la période 2025-2030. L'élargissement de l'assiette fiscale permettra une mobilisation de recettes fiscales entre 20 et 25% du Pib et de financer des investissements sur ressources intérieures avec un effet de levier du secteur privé en ligne avec la vision 2050. La croissance hors hydrocarbures est projetée progressivement de 3% en 2026 à 6% en 2031. Ainsi, sur la période 2027-2031, la croissance du Pib hors hydrocarbures ressortirait en moyenne à 5,1%, portée par une contribution de la productivité totale des facteurs (Ptf) estimée à 1,1 point de pourcentage, une contribution du facteur capital de 2,2 points, et une contribution du facteur travail de 1,8 point. La croissance du Pib global s'établirait en moyenne à 4,3% sur la période, alors que la croissance hors hydrocarbures et agriculture serait en moyenne à 5% sur la période 2027-2031.
 
M. CISS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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