L’accord technique annoncé entre le gouvernement sénégalais et le Fonds monétaire international (Fmi), en vue d’un nouveau programme économique et financier de 36 mois, ouvre une nouvelle séquence politique. Alors que les autorités envisagent un traitement de la dette pour rétablir sa viabilité, Pastef les invite à nommer la situation par son nom et appelle à la transparence sur les conditions de l’endettement. Ousmane Sonko et Cie veulent néanmoins que les responsabilités soient établies. Ils mettent en garde ainsi contre tout transfert du coût de la restructuration sur les populations. Pastef d’exposer les nombreuses conséquences qu’une restructuration peut impliquer.
L’annonce du nouvel accord technique entre le Sénégal et le Fmi a ajouté une nouvelle couche sur les différends qui opposent le Président Diomaye Faye et ses anciens camarades de parti. Pour Pastef, cette nouvelle étape des discussions avec l’institution financière internationale ne peut être réduite à une simple opération technique destinée à rétablir les équilibres budgétaires.
La formation politique d’Ousmane Sonko estime que l’intention des autorités de solliciter un traitement de la dette constitue un tournant majeur dans la gestion des finances publiques. Dès lors que les conditions initiales de remboursement sont susceptibles d’être modifiées, le débat sur une restructuration de la dette devient, selon Pastef, incontournable.
«Il faut appeler les choses par leur nom»
Pastef veut sortir le débat du seul langage des experts. Selon les patriotes, les Sénégalais doivent pouvoir comprendre les implications concrètes de la démarche engagée avec le Fmi. Trois questions sont ainsi posées : comment le Sénégal en est-il arrivé à cette situation ? Qui porte la responsabilité de cette trajectoire ? Et surtout, qui paiera le prix de la solution retenue ?
Ayib Daffé, qui portait la parole de ses camarades de parti, estime que derrière ces interrogations se profile une question qui demeure politiquement explosive : celle de la «dette cachée». Les partisans de Ousmane Sonko soutiennent que la transparence financière doit nécessairement déboucher sur l’établissement des responsabilités. «Si des responsabilités individuelles ou institutionnelles sont établies, leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant les instances compétentes». Une exigence qui semble donner une dimension éminemment politique au débat sur la dette. Puisque derrière les chiffres et les négociations avec le Fmi se joue désormais la question de la reddition des comptes.
Dans cette bataille pour la transparence, Pastef promet également que l’Assemblée nationale va prendre ses responsabilités et jouera pleinement son rôle. Ayib Daffé, qui preside aussi le groupe parlementaire de la majorité, garantit l’utilisation des différents mécanismes de contrôle parlementaire : interpellation du gouvernement, auditions, missions d’information, commissions d’enquête parlementaire et autres instruments prévus par les textes, pour tirer cet accord au clair.
«Aucune restructuration ne pourra se substituer à une véritable stratégie de transformation économique»
Ayib Daffé et Cie ont saisi l’occasion pour replacer la crise de la dette dans une réflexion plus large sur le modèle économique sénégalais : «aucune restructuration ne pourra se substituer à une véritable stratégie de transformation économique. Le Sénégal ne pourra sortir durablement du surendettement qu’en produisant davantage, en exportant davantage, en développant son industrie et son agriculture, en accompagnant les petites et moyennes entreprises et en créant davantage d’emplois», avertit-il.
Pastef dément Abdourahmane Diouf…
Ancienne porte-parole du gouvernement, Marie Rose khady Faye appuyée par deux autres cadres de Pastef, a démonté les arguments des nouveaux soutiens du President Bassirou Diomaye Faye. « Lors de l’annonce du fameux accord, le ministre des finances a fait énormément d’efforts pour ne pas prononcer le mot restructuration tentant de faire croire qu’il n’en est rien, mais puisque la vérité finit toujours par jaillir, un ministre de la Republique a anéanti tous ses efforts sur un plateau en accusant Ousmane Sonko d’avoir autorisé cette restructuration en conseil des ministres», ironise-t-elle avant d’assurer qu’en tant qu’ancien porte parole du gouvernement, il n’a jamais été question de restructurer la dette sénégalaise sous les deux gouvernements de Ousmane Sonko. Pour elle, un ministre de la Republique se devrait de garder de se donner en spectacle ainsi, avec des déclarations mensongères.
Aliou Diouck s’est lui appesanti sur les conséquences d’une restructuration sur l’économie sénégalaise déjà éprouvée. Ce dernier de prendre l’exemple de l’ajustement structurel sous le Parti socialiste. «Les Senegalais doivent savoir ce qu’implique cette restructuration. Les départs volontaires, les doubles flux et la flambée de la vie sont les moindres maux que nous avons connus après cet épisode et nos autorités veulent nous replonger dans ce gouffre, Senegalais vous êtes avertis», déclare M. Diouck.
Nd. Kh. D. F