DETTE, OPACITÉ ET SOUVERAINETÉ : Les accusations graves du FDR contre le gouvernement




 
 
 
Le Front pour la défense de la République (Fdr) dénonce des pratiques financières jugées « opaques » et « dangereuses » pour la souveraineté du Sénégal. Dans une note rendue publique le Fdr accuse l’Etat, après des révélations relayées par la presse internationale.
 
Le débat sur la gestion de la dette publique du Sénégal prend une nouvelle tournure. Dans une déclaration tenue hier, le Front pour la défense de la République (Fdr) accuse le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko d’avoir engagé le pays dans des mécanismes financiers « occultes » et « toxiques », susceptibles, selon lui, de compromettre la souveraineté nationale. À l’origine de cette sortie, des informations relayées par le journal britannique « Financial Times », qui évoquent des montages financiers complexes impliquant des instruments dérivés. Le Fdr affirme que « ces révélations ont suscité stupéfaction et indignation au sein de l’opinion publique. Nous dénonçons des tractations obscures menées dans le plus grand secret ».
Au cœur des critiques, le recours présumé à des instruments appelés « Total Return Swaps » (TRS), des produits financiers sophistiqués souvent utilisés sur les marchés internationaux. Pour l’opposition, ces mécanismes sont particulièrement risqués, car ils pourraient accorder une priorité de remboursement à des créanciers privés en cas de défaut de paiement de l’État. Une situation que le Fdr juge inacceptable, estimant qu’elle placerait les intérêts de banques étrangères avant les besoins essentiels du pays.
« Le gouvernement a contracté, dans le secret le plus absolu, des emprunts massifs avoisinant un milliard de dollars », avance la coalition, qui s’interroge sur l’absence de communication officielle détaillée autour de ces opérations. Elle y voit le signe d’une gestion financière fragilisée, voire d’une « débâcle » que les autorités chercheraient à dissimuler.
Le Fdr insiste également sur les risques liés à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par des agences internationales telles que Moody’s et Standard & Poor’s. Selon ses responsables, cette situation renforcerait la probabilité d’un défaut de paiement, rendant encore plus périlleux le recours à des instruments financiers jugés spéculatifs.
Pour étayer ses inquiétudes, l’opposition rappelle « les mises en garde formulées par Warren Buffett, qui qualifiait dès 2003 certains produits dérivés d’armes financières de destruction massive ». Une référence destinée à souligner le caractère potentiellement déstabilisateur de ces montages pour les économies nationales. Dans le viseur du Fdr figure également la communication du ministère des Finances, jugée insuffisante. L’opposition estime que « les explications avancées, notamment sur l’existence d’autorisations d’endettement dans la loi de finances 2025, ne répondent pas aux interrogations de fond ». Elle conteste par ailleurs « les affirmations des institutions comme le Fonds monétaire international auraient été pleinement informées ». Face à ce qu’elle considère comme une situation préoccupante, la coalition appelle à des mesures immédiates. Elle exige « la publication intégrale des contrats de type swaps, notamment ceux conclus avec Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank ». Elle demande également des précisions sur les actifs éventuellement mis en garantie, les charges financières associées, ainsi que les commissions versées.
Sur le plan institutionnel, le Fdr invite « l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces opérations ». Une démarche qu’elle juge indispensable pour restaurer la confiance et assurer la transparence dans la gestion des finances publiques. Ainsi, la coalition met en garde contre ce qu’elle considère comme une dérive du pouvoir. « Le Sénégal n’est pas un patrimoine personnel », martèle-t-elle, appelant « à une mobilisation des forces vives de la nation pour exiger le respect des principes de bonne gouvernance » conclut le consortium d'opposants au régime de Pastef.
 
Fatou DIOP
 
 
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