Le président de la République a décliné ce mercredi, lors du Conseil des ministres, plusieurs orientations majeures destinées à accélérer la transformation économique et sociale du Sénégal. De l’apurement de la dette intérieure à l’emploi des jeunes, en passant par la pêche, le numérique et la sécurité civile, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa volonté de bâtir une économie plus compétitive, inclusive et souveraine.
Le président de la République entend maintenir le cap de la relance économique et du développement du secteur privé national. Lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres tenue hier mercredi, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien aux entreprises tout en accélérant le règlement des engagements financiers de l’État envers les acteurs économiques.
Pour Bassirou Diomaye Faye, le développement du secteur privé demeure un levier essentiel pour stimuler l’investissement et créer des emplois durables. Dans cette perspective, il a demandé au Premier ministre d’engager des concertations avec les organisations représentatives du secteur privé afin d’apporter des réponses concrètes à leurs préoccupations. «L’apurement progressif et accéléré de la dette intérieure» constitue, selon lui, une priorité pour redonner de l’oxygène aux entreprises et restaurer leur capacité d’investissement. Le chef de l’État a également plaidé pour un accompagnement renforcé des entreprises publiques et privées en difficulté afin de préserver l’outil de production et de sauvegarder les emplois.
Vers un nouveau souffle pour l’investissement
Poursuivant ses orientations économiques, Faye a rappelé l’urgence d’assurer un déploiement optimal de l’Initiative présidentielle «Sunu Champions», destinée à favoriser l’émergence de champions nationaux capables de porter la compétitivité de l’économie sénégalaise. Le président Faye a ainsi demandé au Premier ministre de multiplier les réunions techniques et interministérielles devant préparer la tenue du prochain Conseil présidentiel de l’investissement. Il a également insisté sur la finalisation du projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique, qui devra intégrer «une doctrine de financement innovante de l’économie nationale». Dans la même dynamique, le chef de l’État a réclamé une évaluation approfondie du volet économique du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Cette évaluation devra permettre de préparer la prochaine Conférence sociale prévue avant la fin de l’année 2026 autour du thème de la productivité au travail.
L’emploi des jeunes érigé en priorité nationale
Face aux défis persistants du chômage et du sous-emploi, Diomaye a réaffirmé que «l’employabilité et l’emploi des jeunes doivent rester des priorités nationales primordiales ». Le Président a ainsi invité le Premier ministre ainsi que les ministres en charge de l’Emploi, de la Fonction publique et du Travail à accélérer la mise en œuvre de la Politique nationale de l’emploi dans toutes ses dimensions. Il a demandé l’organisation d’un Conseil interministériel consacré à l’emploi qui devra déboucher sur un plan opérationnel urgent et multisectoriel couvrant l’ensemble du territoire national. Ce dispositif devra s’appuyer sur des mécanismes publics et privés de financement et d’encadrement renforcés afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Une nouvelle ambition pour la pêche et l’économie bleue
Le secteur de la pêche a également occupé une place importante dans les échanges du Conseil des ministres. Rappelant son rôle stratégique pour l’économie nationale et la stabilité sociale, le chef de l’État a demandé au gouvernement de renforcer le dialogue avec les acteurs du secteur afin de redynamiser la pêche artisanale. Bassirou Diomaye Faye a souligné la nécessité de mieux encadrer les activités de pêche industrielle, de renforcer la transparence dans l’exploitation des ressources halieutiques et d’accélérer la mise en œuvre du programme de développement de l’aquaculture. Dans cette optique, il a demandé au ministre des Pêches et de l’Économie maritime de préparer les concertations nationales sur l’économie bleue sous la supervision du Premier ministre.
Le numérique au cœur de la souveraineté nationale
Le chef de l’État a également réaffirmé son ambition de faire du numérique un pilier central de la transformation du Sénégal. S’appuyant sur le «New Deal Technologique», il a demandé une évaluation rigoureuse de l’état d’avancement des programmes, projets et réformes engagés dans le secteur.
Pour Bassirou Diomaye Faye, l’accès universel à Internet ainsi que la protection souveraine des données nationales constituent désormais des enjeux stratégiques majeurs. «Il faut accentuer, à travers des stratégies avancées, des plans et des lois adaptés, l’accès universel à Internet et la sécurisation globale et souveraine des données et des systèmes et infrastructures d’information critiques du pays», a-t-il indiqué. Le président a également insisté sur le fonctionnement optimal du Fonds de développement du service universel des télécommunications (Fdsut) et sur la nécessité de réunir régulièrement le Conseil national du Numérique afin d’assurer un meilleur pilotage des politiques publiques dans ce domaine.
Fatou DIOP