DETTE, FMI, ÉLECTIONS LOCALES : Le Fdr met le pouvoir sous pression




 
Transparence sur les accords avec le Fmi, vigilance sur la dette et respect des échéances électorales, le Front pour la défense de la démocratie (Fdr) ouvre deux fronts contre le gouvernement. Face à la presse, la coalition d’opposition exige des réponses et prévient qu’elle ne laissera passer ni opacité financière ni glissement du calendrier électoral.
 
Le Fdr sort les griffes. Alors que le gouvernement cherche à stabiliser une situation économique et financière difficile, l’opposition réclame de la lumière sur les engagements pris dans le cadre du nouvel accord avec le Fonds monétaire international (Fmi). Pour la coalition, pas question de demander un blanc-seing aux Sénégalais, les accords doivent être publiés et leurs conséquences clairement expliquées.
L’ancien ministre de la Justice estime que l’aggravation de la situation économique et financière a contraint l’État à rechercher un nouvel accord avec le Fmi. Mais il veut savoir à quel prix. « Nous attendons du gouvernement qu’il publie le contenu des accords et les mesures concrètes et fortes, particulièrement attendues : le plan de traitement de la dette, comme le programme de gestion des subventions », réclame-t-il. Derrière cette exigence de transparence se profile une inquiétude, celle de voir la restructuration de la dette se transformer en nouveau programme d’ajustement, avec son lot de conditionnalités et de mesures potentiellement douloureuses pour les finances publiques et les ménages. Pour le Fdr, la question est donc simple, « qu’a réellement signé le gouvernement et quelles seront les contreparties ? » La coalition veut connaître les modalités du traitement de la dette et les orientations retenues pour la gestion des subventions.
Mais le Fdr ne compte pas limiter son offensive au terrain économique. La coalition place également les prochaines élections locales au centre de sa bataille politique. Son message est sans ambiguïté, les urnes ne doivent pas prendre de congé. Le Fdr exige le respect des échéances électorales et rejette toute perspective de report qui ne serait pas conforme au cadre légal et constitutionnel. Le Fdr entend maintenir la pression et affirme être prêt à poursuivre son combat « avec tous les moyens légaux et politiques ». Me El Hadj Amadou Sall interpelle directement le président de la République et rappelle sa responsabilité constitutionnelle. « Le Fdr a le droit d’exiger du président de la République le respect de son serment », martèle-t-il.
 
 
 
Deux fronts, une même exigence
 
En mettant simultanément la dette et les élections locales sur la table, le Fdr cherche à installer un rapport de force avec le gouvernement. D’un côté, la coalition exige la transparence sur les accords conclus avec le Fmi et redoute les effets d’une restructuration de la dette. De l’autre, elle veut empêcher tout report des échéances électorales qui ne serait pas juridiquement justifié. Le gouvernement est désormais sommé de répondre sur ces deux dossiers sensibles. Pour le Fdr, « l’argent public ne peut être géré dans l’opacité et le calendrier électoral ne peut être manipulé au gré des circonstances », conclut l’avocat.
Fatou DIOP
 
LES ECHOS

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