DETOURNEMENT PRÉSUMÉ A LA CAISSE DE SÉCURITÉ SOCIALE : Mamadou Sow, agent de caisse à l’agence Wiltord, en «détention arbitraire»




 
 
 
 
 
Inculpé et placé sous mandat de dépôt dans l’affaire du détournement présumé au niveau de la Caisse de sécurité sociale à l’agence Wiltord de Colobane, Mamadou Sow garde toujours la prison. Seulement, sa détention actuellement est devenue «arbitraire», aux yeux de la loi. Selon une source proche de l’affaire, une demande de mise en liberté provisoire a été déposée, en mars dernier, sur la table du juge d’instruction qui a été rejetée, et le lendemain, appel a été fait de l’ordonnance. Mais, depuis lors, la Chambre d’accusation financière n’a pas examiné le recours. Suffisant pour le mettre en liberté d’office. Une requête a été déposée devant la juridiction de recours, visant l’article 187 du code de procédure pénale, mais jusque-là, sans succès.
 
 
 
 
 
Si la loi est appliquée dans sa rigueur, Mamadou Sow doit recouvrer la liberté. En fait, le caissier de l’agence Wiltord, de la Caisse de sécurité sociale de Colobane, inculpé et placé sous mandat de dépôt, pour un détournement présumé de 1,8 milliard de francs, devrait aux yeux de la loi, précisément en application de l’article 187 du code de procédure pénale, recouvrer la liberté, depuis le mois d’avril dernier. Aujourd’hui, ses proches dénoncent une «détention arbitraire». En fait, le 12 mars dernier, Mamadou Sow avait déposé sur la table du juge d’instruction du deuxième cabinet du Pool judiciaire, une requête aux fins de mise en liberté provisoire, ou de contrôle judiciaire ou d’assignation avec port du bracelet électronique. Le 24 mars, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de refus. Loin d’abandonner, il a donné ordre à son conseil de faire appel de l’ordonnance ; ce qui a été fait, le lendemain, c’est-à-dire, le 25 mars 2026.
 
Le délai dépassé depuis longtemps
 
 
Selon l’article 187 du Code de Procédure Pénale, la Chambre d’accusation a un mois pour examiner le recours. Passé ce délai, l’inculpé doit bénéficier d’une libération d’office. L’article 187 dispose : «Le Procureur général met l’affaire en état dans les quarante-huit heures de la réception des pièces, en matière de détention préventive et dans les dix jours, en toute matière ; il la soumet, avec réquisitoire, à la Chambre d’accusation. Celle-ci doit, en matière de détention provisoire, se prononcer au plus tard dans le mois de l’appel prévu par l’article 180, faute de quoi, l’inculpé est mis d’office en liberté provisoire, sauf si des vérifications concernant sa demande ont été ordonnées. Cette mise en liberté provisoire ne peut être révoquée que dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l’article 132».
 
 
La Chambre d’accusation saisie pour une libération d’office sans succès
 
 
Or, depuis lors la juridiction d’instruction du second degré n’a jamais statué sur le recours. Pourtant, le 28 avril dernier, le délai imparti à la loi, par le Code de Procédure Pénale est épuisé, la Chambre d’accusation a été saisie par la défense de Mamadou Sow pour demander une libération d’office au bénéfice de l’article 187 du Code de Procédure Pénale. Mais, rien n’y fait. Pourquoi ? Semble-t-il, le Parquet général n’a pas encore fait son réquisitoire mettant la Chambre d’accusation dans l’impossibilité de se prononcer. Même si le caissier de la Caisse de sécurité sociale était coupable, la loi doit lui être appliquée ; cette même loi doit être son armure pour se tirer d’affaire. Encore que, lors de son audition devant le magistrat instructeur, Mamadou Sow a nié totalement les faits ; reconnaissant avoir juste reçu des «gratifications», de la part de son supérieur hiérarchique sans savoir l’origine illicite de cet argent. Selon lui, il n’a géré que la caisse et on n’a jamais noté de manquant sur sa caisse.
 
 
 
Alassane DRAME
 
 
 
 
LES ECHOS

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