DÉTHIÉ FALL IMPOSE UNE RIGUEUR MARTIALE AUX ENTREPRISES : Une nouvelle ère de gouvernance des infrastructures




 
 
 
Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a dévoilé devant l’Assemblée nationale, hier, lors du vote de budget de son ministère, une feuille de route ambitieuse, axée sur la transparence, la planification et la fermeté dans l’exécution des chantiers publics. Portée par un budget de plus de 716 milliards F Cfa, sa vision entend combler le retard infrastructurel du Sénégal et instaurer une gouvernance exemplaire.
 
 
 
Une rupture affichée, tolérance zéro face à la médiocrité
 
 
Devant les députés acquis à sa démarche, il a martelé qu’il appliquera «une rigueur martiale dans le contrôle des entreprises adjudicataires. Il ne sera plus toléré qu’une entreprise gagne un marché, prenne l’argent du Sénégal et en fasse ce qu’elle veut», a averti le ministre. Déthié Fall promet de veiller au respect strict des délais contractuels, mais surtout à la qualité des ouvrages. Il dit refuser désormais que des routes deviennent « impraticables au bout d’une année, entraînant des coûts de reprise colossaux pour l’État. Chaque franc mobilisé doit atteindre sa destination », a-t-il insisté.
 
 
 
700 milliards pour rattraper le retard
 
Le ministre a souligné l’ampleur du déficit infrastructurel du pays. Parmi les grandes orientations annoncées, il cite : «la réalisation d’une carte nationale des infrastructures constitue l’axe central de la réforme. Ce regroupement nous a permis d’avoir une vision à 360 degrés des besoins et priorités, afin d’éviter les incohérences qui ont freiné la planification durant des années», révèle-t-il. Dans la foulée, il a proposé «la tenue d’un conclave national de 48 heures, réunissant notamment les députés, pour établir un plan stratégique projeté sur 10 à 15 ans. C’est pour hiérarchiser les urgences, intégrer les besoins réels des territoires et s’assurer que chaque projet s’inscrive dans une cohérence nationale. Il nous faut une carte pour créer la rupture souhaitée par les hautes autorités», a-t-il indiqué.
 
 
 
Des secteurs prioritaires, universités, santé et équité territoriale
 
La feuille de route du ministre ne se limite pas au réseau routier. Il a également annoncé d’importantes interventions dans, dit-il, «les universités, avec des investissements pour moderniser les infrastructures pédagogiques et sociales ; la santé, où de nouveaux équipements et chantiers sont prévus ; les zones défavorisées, afin de matérialiser l’équité territoriale prônée par le gouvernement. Tous les Sénégalais méritent des infrastructures dans leurs localités».
 
 
 
La route Sandiara Ndiaganiao déclarée ultra prioritaire pour la sécurité du président
 
Évoquant les routes stratégiques, Déthié Fall a insisté sur l’urgence de bitumer la route Sandiara – Ndiaganiao, qui dessert le village natal du président de la République. Selon lui, « il s’agit d’un impératif de sécurité nationale. On ne peut pas exposer le président de la République ». Même s’il reconnaît que « toutes les routes sont importantes », il affirme que certaines revêtent un caractère vital, lié aux déplacements du chef de l'État.
Le budget 2026 du ministère des Infrastructures est arrêté à 716,129 milliards F Cfa en crédits de paiement a été adopté avec 134 voix pour, aucune contre et six abstentions. Les crédits couvrent notamment programme routier et ferroviaire avec 483,6 milliards F Cfa ; équité territoriale et développement des pôles pour 68,2 milliards F Cfa ; infrastructures portuaires et aéroportuaires estimé à 8,56 milliards F Cfa.
 
 
 
Une gouvernance sans concessions
 
Dans sa réponse aux questions des parlementaires, Déthié Fall s’est montré direct, parfois tranchant, mais toujours résolument tourné vers l’action. «Je ne sais pas combien de temps je ferai dans ce ministère, mais le travail se fera avec rigueur», a-t-il lancé, sous les applaudissements des députés.
 
 
Baye Modou SARR
 
LES ECHOS

Dans la même rubrique :