La séquence politique ouverte par le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature et son installation, ce mardi 26 mai 2026, à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal continue de provoquer de vives réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus marquantes figure celle de Babacar Gaye, ancien porte-parole du Parti démocratique sénégalais, qui a choisi d’exprimer publiquement son désarroi à travers un message publié sur les réseaux sociaux.
Dans un texte bref mais particulièrement lourd de sens, l’ancien responsable libéral dresse un constat sévère de l’état du champ politique sénégalais. « Quel gâchis ! », écrit-il d’emblée, avant de confesser une « profonde déception » face à l’évolution de la situation nationale. Un cri du cœur qui tranche avec l’image d’un homme longtemps identifié à la fidélité partisane et au combat politique.
Babacar Gaye affirme pourtant avoir toujours conservé une part d’espérance malgré les turbulences qui ont marqué la vie politique sénégalaise ces dernières années. « Malgré les souffrances et les doutes, j’ai toujours été optimiste dans la foi, en quête de sens et du “Bien permanent” », souligne-t-il dans son message. Mais cette foi semble désormais ébranlée.
L’ancien porte-parole du Pds ne cache plus son pessimisme vis-à-vis de l’ensemble de la classe politique sénégalaise. « Malheureusement, il n’y a rien à espérer de cette classe politique », lâche-t-il sans détour, dans une formule qui sonne comme une rupture morale autant qu’un désengagement personnel.
À travers cette déclaration, Babacar Gaye semble tourner définitivement le dos à l’engagement partisan actif. « Je tourne la page afin d’économiser le peu d’énergie qui me reste, au profit de ma famille », écrit-il encore, laissant entrevoir une lassitude profonde après plusieurs décennies passées dans les cercles politiques sénégalais.
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions institutionnelles et de recomposition accélérée du paysage politique national. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a mis fin vendredi dernier aux fonctions de Premier ministre d’Ousmane Sonko, son principal allié politique et leader de Pastef. Quelques jours seulement après ce limogeage spectaculaire, Sonko a été porté à la tête de l’Assemblée nationale, relançant les interrogations sur l’équilibre des institutions et sur les véritables rapports de force au sommet de l’État.
Dans ce climat de crise et d’incertitudes, le message de Babacar Gaye apparaît comme le symbole d’un désenchantement plus large au sein d’une partie de l’opinion publique et de l’ancienne classe politique traditionnelle, témoin des bouleversements en cours dans le pays.
Sidy Djimby NDAO