Le sélectionneur des Lions n’est pas sorti de sa zone de confort. Pour lui, le plus important, c’est de rester «humble». Face au Burkina-Faso ce soir, à 19h Gmt, le mot d’ordre pour Aliou Cissé, c’est de s’attendre à un «match difficile».
Un air de revanche
«Nous avons bien préparé ce match même si on n’a pas eu beaucoup de temps.On a misé plus sur la récupération que sur le travail. Le Burkina est une très belle équipe qu’on connait, on a partagé la même poule lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Ce fut deux matchs âprement disputés. Entre-temps, l’équipe a changé, mais il y a une nouvelle génération qui arrive, qui est très prometteuse et qui est en train de faire de très bonnes choses. Cette génération est là parce qu’il y a du travail qui est fait. Kamou Malo est en train de faire du bon travail, l’équipe progresse depuis qu’il est là. Nous allons vers une demi-finale où il faut travailler dur pour y être. Nous nous attendons à un match difficile.»
Infirmerie de la tanière
«Alhamdulillah il n’y a pas de cas de Covid dans le groupe et pas de blessé pour l’instant, à part Boulaye qui a reçu un coup, mais je pense que ça devrait s’arranger. Pour l’instant, tout se passe bien.»
Retour de toute l’ossature de l’équipe
«C’est toujours important d’avoir l’ensemble de son effectif, de son groupe pour un entraîneur, c’est pour donner plus de possibilités, plus d’options, de donner aussi la possibilité de changer les choses en cours de match. Aujourd’hui, nous avons l’ensemble de ce groupe, cela me donne plus de cartes en main. Il faut savoir que nous allons vers des matchs compliqués, il nous faudra être patients, jouer notre jeu, mettre en place notre jeu. Ce match peut aller en prolongations, aux tirs au but et à ce niveau-là, le plus important est de passer, mais c’est bien d’avoir l’effectif au complet.»
Statistiques positives des Lions
«C’est une très bonne question. Je pense que les journalistes sénégalais pouvaient répondre à cette question. En tout cas, c’est très bien de souligner le travail que cette génération est en train de faire, tout l’ensemble du staff technique, l’ensemble des gens qui sont collés à cette équipe nationale. Nous travaillons avec nos hauts et bas mais tout en gardant notre ligne directrice. Depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui, s’il y a progression au niveau international d’une équipe sur 6 ans, je crois que le Sénégal en fait partie. Quand je suis arrivé, je crois qu'on était 14e sur le plan continental et 64e sur le plan de la Fifa. Là, le Sénégal est le premier en Afrique et dans le top 20 du classement Fifa. Ce n’est pas un hasard mais un travail de longue haleine. Nous continuons à travailler et ce travail ne pourra être couronné que si cette génération gagne un trophée. Nous courons derrière ce trophée depuis 1960 avec de très belles générations et nous nous battrons pour le décrocher.»
Début poussif
«Tout dépend de l’analyse qu’on peut faire d’un début poussif ou d’un début difficile ; sur quel plan, athlétique, physique, dans le jeu…? Une chose est sûre, c’est que nous n’avons jamais douté de ce que nous sommes capables de faire. Nous savons qui nous sommes. Nous venions ici avec des certitudes et petit à petit, les cours de la vie ont fait que cette certitude s’est effritée un peu. Il a fallu s’accrocher, remobiliser tout le monde et avoir des croyances et travailler. Ce qui nous a amenés là où nous sommes aujourd’hui. Maintenant, le chemin est encore long, ce n’est pas fini. Dans notre objectif, c’était de jouer sept matchs. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de jouer sept, nous avons aussi envie de jouer la grande finale, pas la petite finale. Mais ce groupe est motivé, conscient et capable d’écrire l’histoire.»
La bonne année au Cameroun
«Je ne pense pas à l’échec. Là où je suis, je pense plutôt à passer ce cap des demi-finales. C’est vrai qu’on a rendu fier notre peuple, mais notre génération (2002) n’a pas gagné, même si on ne peut pas aussi effacer tout ce que les joueurs, le staff et les dirigeants qui étaient là ont fait ; le bonheur qu’ils ont pu donner à notre peuple. La question se pose toujours : est-ce que réussir, c’est toujours gagner ou faire un travail conséquent qui laisse un héritage ? Nous espérons bien sûr cette étoile-là, nous travaillons pour ça depuis des années. On n’a jamais été aussi proche mais il y a l’obstacle burkinabé qui est là et qu’il faudra passer demain (aujourd’hui). Mais nous avons espoir que cette étoile-là viendra et on espère que ça sera au Cameroun.»
Bouba Diop ressuscité avec les célébrations des Lions
«Les joueurs ne m’en ont pas parlé. Mais je crois que le football africain, c’est aussi ça : la joie de vivre, c’est être heureux et rendre heureux les téléspectateurs et les supporters ; cela fait partie du spectacle. Cette danse-là, c’est celle de feu Pape Bouba Diop. On a une pensée pour lui. Aujourd’hui, ses jeunes frères reprennent ces danses là pour lui rendre hommage et pour rendre aussi hommage à toute la génération 2002 qui est une référence pour eux. Beaucoup de garçons nous ont suivis, il y a certains d’entre eux qui me disent qu’ils couraient derrière notre bus en 2002 et aujourd’hui, j’ai la chance de les entrainer. Donc oui c’est émouvant ; ça veut dire qu’ils ont des références qu’ils veulent suivre.»