La seconde phase de la bataille judiciaire en France entre l’Etat du Sénégal et Madiambal Diagne est entamée. En effet, comme il l’avait annoncé, par le biais de ses avocats, le fondateur du Groupe Avenir Communication, via ses avocats, a fait sa déclaration de pourvoi contre l’arrêt de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Versailles, qui avait ordonné partiellement son extradition. Manifestement, le patron du groupe «Avenir Communication» compte user de toutes ses cartouches devant la détermination des autorités sénégalaises à le faire extrader.
Pour obtenir la tête de Madiambal Diagne et le faire revenir au pays manu militari, les autorités sénégalaises devront batailler ferme et ne pas se lasser. A moins que les autorités politiques françaises ne passent outre et décident de signer l’extradition et même là, le fondateur du Groupe Avenir Communication ne compte pas se laisser faire. Il promet en telle circonstance de saisir le conseil d’Etat français. Mais, pour le moment, l’affaire est juste entre les mains de dame justice. Ainsi, comme il l’avait également promis, Madiambal Diagne a fait sa déclaration de pourvoi, via ses avocats. Le dossier sera donc débattu au niveau de la Cour de cassation française. La déclaration de pourvoi est la première étape d’un recours en cassation. Il s’agit, pour les avocats de la défense, d’attendre d’avoir en main l’arrêt intégral de la Cour d’appel de Versailles afin de pouvoir écrire leur requête dans laquelle ils vont soulever des griefs et donner des moyens de pourvoi. Cette affaire semble loin de trouver son épilogue en France. Car, comme l’a laissé entendre le journaliste lui-même, ses avocats comptent bien saisir le Conseil d‘Etat français, si le Président français décidait de sortir un décret d’extradition. L’avocat du patron de presse, Me Brengarth, avait expliqué le 3 mars dernier que le pourvoi n’est pas suspensif de droit, mais qu’au cas où il y aurait un décret d’extradition dans des «conditions aussi dégradées», ils saisiraient le Conseil d’Etat pour s’y opposer.
Pour rappel, la Cour d’appel de Versailles statuant en Chambre d’instruction, après avoir demandé tout le dossier, avait ordonné une extradition partielle compte tenu de la prescription partielle d’une partie des faits. La poire étant coupée en deux, la défense a chanté une demi-victoire. Cette décision de la Cour d’appel de Versailles laisse un problème pratique de droit qui sera peut-être tranché au niveau de la Cour de cassation française. Pour ce qui les concerne, les autorités sénégalaises avaient déjà manifesté leur colère annonçant à qui voulait l’entendre qu’elles vont suspendre toute extradition vers la France.
Madiambal Diagne, rappelons-le, est poursuivi pour des faits d’escroquerie et de blanchiment de capitaux, portant sur 21 milliards de nos francs. Sous le coup d’une interdiction de sortie, il avait réussi à rejoindre Paris via la Gambie.
Alassane DRAME