C’est aujourd’hui que la Chambre d’accusation financière va se prononcer sur la demande de mainlevée de mandat de dépôt et de mise en liberté provisoire introduite par Pape Malick Ndour. Malgré un mandat de dépôt obtenu avec la détermination du Parquet financier, l’ancien ministre de la Jeunesse garde ses chances de décrocher le quitus de sortie. Ce, surtout qu’il s’agit de faits, quelque peu étonnants, sur lesquels s’est fondé le Procureur financier pour ordonner des poursuites. Le journal «Les Echos» revient sur le déroulement de l’histoire qui a valu des déboires judiciaires à l’ancien coordonnateur du Programme national des Domaines agricoles communautaires (Prodac).
La Chambre d’accusation financière, qui a statué la semaine dernière sur la requête aux fins de mainlevée de mandat de dépôt et de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de Pape Malick Ndour, va rendre sa décision aujourd’hui. L’ancien ministre de la Jeunesse peut ainsi croiser les doigts. En fait, ses chances d’obtenir le quitus de sortie et de humer enfin l’air de la liberté sont bien réelles. Ce, surtout que les poursuites semblent bien légères. Du moins si l’on en croit une source très au fait de cette affaire. En effet, selon les informations, cette affaire regroupe plusieurs parties. Il y a l’Etat du Sénégal qui signe un contrat financier avec Locafrique et la société Green 2000 qui signe également un autre contrat avec le Programme national des domaines agricoles communautaires (Prodac). La société Green 2000 avait pour mission d’importer du matériel préfabriqué et le monter. Elle émet une facture qu’elle envoie au Prodac qui transfère à Locafrique. Et c’est Locafrique qui a payé à Green 2000, directement. Ainsi, l’argent ne passe pas par le ministre Pape Malick Ndour. Et toujours, selon nos sources, la société Green 2000 assure avoir bien été payée et elle a acheté l’équipement qui a été monté. L’on s’interroge alors sur le détournement de deniers publics imputé à Pape Malick Ndour, si tel est le cas.
Seulement, il nous revient que du côté de l’accusation,, on reproche à Pape Malick Ndour de n’avoir pas présenté une «certification de service». Seulement, selon nos sources, pour qu’une «certification de service» soit nécessaire, il faut que l’on soit dans le cas de travaux à exécuter. Or, dans le cas présent, il ne s’agit pas de travaux proprement dits, mais de l’acquisition de matériels préfabriqués et ce matériel a bien été acheté. Pour ce qui le concerne, en tout cas, Pape Malick Ndour reste figé à ses contestations sérieuses et espère bénéficier d’un non-lieu total. Pour l’heure, il espère que la Chambre d’accusation va lui accorder la liberté provisoire.
Pape Malick Ndour a été inculpé pour des faits de détournement de deniers publics portant sur 2 milliards de francs. Placé sous bracelet électronique, dans un premier temps, il a finalement été envoyé en prison, sur décision de la Chambre d’accusation qui a été confirmé par la Cour suprême.
Alassane DRAME