DÉCÈS DE «L’HOMME DE ZIGUINCHOR» Une enquête judiciaire ouverte en Gambie




 
La justice gambienne a désigné un coroner pour enquêter sur les circonstances de la mort de Kalidou Diallo, ce jeune Sénégalais qui se faisait appeler ‘’l’homme de Ziguinchor’’, très suivi sur les réseaux sociaux. Décédé le 15 août à la suite d’une opération de la Drug Law Enforcement Agency of The Gambia (DLEAG), il laisse derrière lui de nombreuses interrogations, alors que plusieurs versions s’opposent sur les circonstances de son décès.
 
La mort de Kalidou Diallo, jeune connu sur les réseaux sociaux sous le nom de «L’Homme de Ziguinchor», va faire l’objet d’une enquête judiciaire en Gambie. Le tribunal de Bursubi a désigné le magistrat Mamsamba Jallow comme coroner afin de conduire une enquête formelle destinée à déterminer les circonstances exactes du décès du jeune homme. Très suivi sur les réseaux sociaux, Kalidou Diallo était notamment connu pour ses contenus diffusés en ligne.
Kalidou Diallo est décédé le 15 août dernier à la suite d’une opération menée par la Drug Law Enforcement Agency of The Gambia (DLEAG) dans les appartements Lobo, à Kerr Serign.
 
«L’homme de Ziguinchor aurait été torturé»
 
Selon la version communiquée par la DLEAG, ses agents s’étaient rendus sur place après avoir reçu des informations faisant état de la présence présumée de drogue dans l’appartement.
Le Directeur général de l’agence, Demba Ceesay, a expliqué que les agents avaient rencontré deux Sénégalais âgés de 20 à 21 ans. Selon lui, l’un des deux hommes aurait pris la fuite par une porte arrière avant de se blesser dans sa chute. Les agents auraient ensuite retrouvé le jeune homme blessé et l’auraient conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté.
La DLEAG affirme également avoir découvert des substances soupçonnées d’être des drogues dans les lieux.
Mais cette version est contestée par un témoin, Baye Modou, qui a déclaré lors d’un entretien avec le journaliste VM Trawally que «l’homme de Ziguinchor» aurait été victime de violences de la part d’agents de la DLEAG.
Sur les réseaux sociaux, différentes affirmations ont également circulé concernant les circonstances de sa mort, notamment sur la question de savoir si le jeune Sénégalais avait chuté d’un balcon ou s’il avait été agressé avant son décès.
La DLEAG a fermement rejeté les accusations de violences ou de torture. Son directeur général a assuré que l’agence n’avait «rien à cacher» et qu’elle coopérait avec l’enquête policière en cours. Il a également appelé à ne pas considérer des informations non vérifiées comme des faits établis.
 
La justice pour établir les faits
 
La désignation d’un coroner ouvre désormais une procédure destinée à examiner officiellement les circonstances du décès de Kalidou Diallo.
L’enquête devra notamment permettre d’établir son identité, le lieu et le moment du décès ainsi que les circonstances précises dans lesquelles celui-ci est survenu. Le greffe du tribunal de Bursubi a d’ailleurs invité toute personne disposant d’informations ou ayant été témoin des faits à transmettre une déclaration écrite au coroner.
Cette procédure est distincte de l’enquête policière. Elle n’a pas pour objectif, à ce stade, de déterminer la culpabilité ou l’innocence d’une personne, mais de permettre à la justice d’établir les faits à partir des témoignages et des éléments disponibles.
La mort de Kalidou Diallo a suscité une vive émotion en Gambie et au Sénégal. De nombreux hommages ont été publiés sur les réseaux sociaux par des internautes qui le suivaient.
L’enquête judiciaire devra désormais apporter des réponses aux nombreuses interrogations qui entourent la disparition de ce jeune Sénégalais très présent dans l’univers numérique.
 
Khadidjatou D. GAYE
 
LES ECHOS

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