Après l’alerte lancée par une plateforme spécialisée dans la surveillance du dark web faisant état d’une possible fuite massive de données, la Direction de l’Automatisation des Fichiers (Daf) a reconnu un incident informatique ayant entraîné la suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité.
C’est la plateforme spécialisée en cyber threat intelligence qui se concentre sur ce qui se passe sur le dark web, «Dark Web Informer», qui a fait la révélation avant-hier. Dans un post publié sur son réseau social X, «Dark Web Informer» informe que la Direction de l’Automatisation des Fichiers du Sénégal (Daf), organisme stratégique rattaché au ministère de l’Intérieur, a été victime d’une intrusion massive ayant conduit au vol de 139 téraoctets de données sensibles.
Dans un communiqué rendu public le 5 février 2026, le Directeur de l’Automatisation des Fichiers a informé l’opinion de la suspension momentanée du service de production des cartes nationales d’identité, à la suite d’un dysfonctionnement constaté au sein de l’infrastructure informatique de la Direction.
Selon le document officiel, «toutes les dispositions sont prises par les services techniques compétents pour rétablir la situation dans les meilleurs délais». La Daf se veut tout de même rassurante sur la sécurité des informations détenues par ses services, affirmant que «l’intégrité des données personnelles des populations et des usagers demeure intacte».
Cette communication intervient dans un contexte sensible, marqué par la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une alerte émanant de Dark Web Informer, une plateforme spécialisée dans le renseignement sur les menaces cyber. Cette dernière a relayé une image attribuée à un site du dark web, faisant état d’une prétendue intrusion massive dans les systèmes de la Daf, avec un volume de données compromises annoncé à 139 téraoctets, incluant des bases de données citoyennes, des données biométriques et des dossiers d’immigration.
Dans son communiqué, la Daf ne fait pas mention d’une exfiltration de données, mais reconnaît implicitement un incident suffisamment sérieux pour justifier l’arrêt temporaire d’un service aussi critique que la délivrance des cartes nationales d’identité.
La Direction indique par ailleurs qu’« une enquête a été ouverte », laissant entendre que les causes précises de l’incident — qu’il s’agisse d’une intrusion malveillante, d’un dysfonctionnement technique majeur ou d’une tentative de compromission — restent à établir.
Sidy Djimby NDAO