CRISE SOCIALE A LA SEN’EAU : Le Sates dénonce un «terrorisme syndical» et exige le respect de la justice




 
 
 
Six ans après la reprise de l’exploitation du service de l’eau par la Sen’Eau, le conflit social au sein de l’entreprise est monté d’un cran. Hier mercredi, le Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (Sates), soutenu par le Forum social, a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a livré un sévère réquisitoire contre la Direction, dénonçant licenciements arbitraires, violation des décisions de justice et mise sous tutelle du dialogue social.
 
 
 
Omar Ba, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (Sates), a décrit un climat de «terreur» et de «harcèlement permanent» affectant les employés de la Sen’Eau. Le point de rupture, selon lui, est intervenu avec son propre licenciement, qu’il présente comme une «manœuvre» destinée à affaiblir la principale organisation syndicale et à «museler toute voix dissidente». Le syndicat évoque par ailleurs un «grignotage» systématique des acquis sociaux et des avantages du personnel.
Au cœur du conflit figurent les élections des délégués du personnel, organisées récemment de façon électronique. Le Sates affirme que la Direction a imposé le vote digital malgré l’absence de consensus et en dépit d’injonctions contraires des autorités compétentes. Le tribunal du travail, poursuit le syndicat, a annulé ces élections au début du mois de janvier. Mais, déplore Omar Ba, la Direction refuse d’appliquer cette décision et n’a pas procédé à l’organisation d’un nouveau scrutin «physique et transparent».
Autre motif d’inquiétude soulevé par les représentants des travailleurs : l’absence de voix du personnel au Conseil d’administration de la Sen’Eau. Malgré une détention de parts sociales estimée entre 8% et 11%, les salariés ne sont pas représentés au sommet de l’entreprise. Pour le Sates, ce verrouillage vise à empêcher toute transparence sur la gestion financière et stratégique.
Malgré la fermeté du ton, le Sates  appelle à l’apaisement et insiste sur le lien entre le malaise social et la dégradation perceptible du service rendu aux populations. Le syndicat formule quatre demandes précises : l’application immédiate de la décision de justice rendue en janvier, l’organisation d’élections physiques libres et transparentes, la réintégration des responsables syndicaux licenciés et l’ouverture d’un dialogue sincère avec les représentants légitimes du personnel.
La Sen’Eau, qui affiche des résultats financiers en hausse, est ainsi sommée de garantir que ces performances se traduisent aussi par le respect des droits et de la dignité des travailleurs. À défaut d’un règlement rapide, le climat social pourrait encore se détériorer, avec des conséquences directes sur la qualité du service public de l’eau.
 
 
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 

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