À l’approche de la fête du Travail, la tension monte entre le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (Sntpt) et la Direction générale de la Sn-La Poste. Face aux accusations de mauvaise gestion et d'immobilisme, la Direction générale a publié une réponse musclée et détaillée pour rétablir «la vérité des faits ».
Le climat social à La Poste du Sénégal est électrique. Dans un manifeste publié récemment, le Sntpt dressait un bilan noir, accusant la Direction de ne pas respecter les engagements pris lors du panel du 1er mai 2025 et de naviguer à vue. La réponse de la Direction ne s'est pas fait attendre.
Des réformes concrètes malgré la crise
Pour la Direction générale, l’idée que rien ne bouge est une «lecture partielle» de la réalité. La Direction rappelle que le plan de redressement «Sen Poste 2029» est déjà sur les rails. Parmi les avancées majeures : une recapitalisation actée de 140 milliards F Cfa par l’État et le lancement du portefeuille numérique PostPay.
Concernant la restructuration du personnel, point de friction majeur, la Direction précise que le départ de 290 agents volontaires a coûté 3 milliards F Cfa, mais il s'agit d'un «investissement structurel» pour alléger une masse salariale devenue insupportable.
Accusé d'avoir dépensé 50 millions pour son logement de fonction, alors que des bureaux régionaux tombent en ruine, la Direction générale contre-attaque. Elle précise que ce marché a été attribué avant l’arrivée de l’actuel Directeur général Maguette Kane en mai 2024 et que les travaux étaient urgents pour sauver un bâtiment appartenant au patrimoine de l'entreprise.
Sur la question des voyages à l'étranger, qualifiés de «plaisance» par le syndicat, la Direction invoque le prestige international : le Sénégal préside l’Union panafricaine des postes. Ces missions seraient donc essentielles pour maintenir La Poste dans le circuit mondial.
Un appel au «dialogue responsable»
La Direction reconnaît des retards, notamment sur la dette sociale (2 milliards F Cfa dus aux mutuelles et Ipm) et l’ajustement de la prime de transport à 26.000 F Cfa. Elle s'engage cependant à soumettre ces points au prochain Conseil d'administration.
À quelques jours du 1er mai, le message est clair : la reconstruction sera longue, rigoureuse, et ne pourra se faire que si syndicats et Direction cessent de se regarder en chiens de faïence. L’avenir du service public postal en dépend précise la Direction.
Samba THIAM