CRIMINALISATION DE L’HOMOSEXUALITE, TOLERANCE DU PHENOMENE, TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT… : Imam Babacar Ndiour tire à boulets rouges sur le régime




 
 
 
 
 
Connu pour son franc-parler, l’imam ratib Tafsir Babacar Ndiour n’a pas dérogé à la règle, lors de son sermon à la prière de l'Eid el-Fitr, ce samedi, à la Grande mosquée de Moussanté à Thiès. Se prononçant sur l’homosexualité qui occupe le débat public, l’imam a énergiquement condamné cette abomination qui, à l’en croire, a été encouragée par le Premier ministre - qu’il garde tout de même de citer – coupable d’avoir cautionné que l’homosexualité est tolérée au Sénégal.
 
 
 
 
 
«L’homme ne peut avoir comme partenaire sexuel que la femme et vice versa. Une relation sexuelle entre hommes est une abomination qui n’existe même pas chez les bêtes. Cette dépravation des mœurs a été à l’origine d'un terrible châtiment divin de tout un peuple», dit d’emblée Imam Ndiour en référence au peuple de Loth dans les traditions Abrahamiques. Poursuivant, il fait remarquer que la pratique homosexuelle ne relève ni de nos traditions, ni de nos religions, encore moins de notre volonté de vie commune. «Pourquoi donc vouloir l'ancrer dans nos habitudes ? Il faut être indigne pour dédouaner une pratique aussi dégradante que vile. Personne n’a le droit de ramer à contre-courant de nos croyances», charge Tafsir Babacar Ndiour.
 
Sonko, accusé principal ! 
 
Poursuivant, l’imam de la Grande mosquée de Moussanté n’a pas manqué de s’en prendre vertement - sans le citer - au Premier ministre, Ousmane Sonko. «Depuis que le terme ‘’tolérer’’ a été prononcé en public, cette pratique persiste et perdure avec l’arrivée dans notre pays de toubabs homosexuels. Ces étrangers se pavanent dans les rues de Dakar tout simplement parce que la pratique homosexuelle est tolérée», rapporte Imam Ndiour qui se console de l’affaissement de l’immeuble dans lequel logeaient ces homosexuels. «C’est la colère divine qui s’est manifestée», dit-il. Toujours dans son sermon, il est revenu sur l’homosexuel qui enseignait la pratique homosexuelle avec comme cibles, des enfants de la rue. A cet effet, il préconise le retrait de ces enfants qui risquent, à l’en croire, d’être pervertis.  «Chaque père de famille doit prendre conscience de sa responsabilité dans l’éducation de ses enfants. Car les homosexuels sont partout avec beaucoup d’argent pour appâter les enfants vulnérables», conscientise l’imam.
 
Le Vih et le commerce des antirétroviraux
 
Mieux, il relève que si cette affaire a éclaté au grand jour, c’est parce que, dit-il, un couple d’homosexuels atteint de Vih s’est permis de propager la maladie dans notre pays. Ce qui est à l’origine, ajoute l’imam de toutes ces arrestations auxquelles on assiste. Cependant, avec cette tentative de propager le Vih dans la population, l’imam Ndiour soupçonne un commerce lucratif derrière. « Est-ce qu'ils ne veulent pas écouler leurs vaccins antirétroviraux qu’ils ont décidé de propager la maladie ?», s’interroge l’imam de la Grande mosquée de Moussanté.
 
La loi sur le durcissement des peines n’est pas bonne, elle n’est pas conforme aux prescriptions divines
 
En outre, il est d’avis que le sida n’est que la conséquence de la pratique homosexuelle. La cause, c’est d’avoir voté une loi qui protège les homosexuels contre les menaces. Pourtant, il se désole de constater que le discours jadis était de criminaliser l’homosexualité. «Ce discours transcrit dans un mémorandum a été porté partout avec l’accompagnement d’une coalition engagée au nom de l’islam. Je me suis toujours gardé de signer un mémorandum sans connaître les véritables soubassements de ceux qui le portent ; d’autant plus que les gens sont capables de se dédire à tout instant. Ils disent ce qu’ils ne font pas et font ce qu’ils ne disent pas. Pourquoi l’Etat et l’Assemblée nationale ont-ils peur de la criminalisation ? Il ne sert à rien d’essayer de convaincre les autres d’une chose en laquelle on ne croit même pas», explique Imam Ndiour, persuadé que la loi sur le durcissement des peines n’est pas bonne. «Cette loi est mauvaise car elle n’est pas conforme aux prescriptions divines», martèle Tafsir Babacar Ndiour.
 
Susciter le débat pour banaliser l’homosexualité
 
Dans la même dynamique, il s’oppose contre toute expression enrobée d’euphémisme pour désigner les homosexuels. «Il faut les appeler comme tels», dit-il. En effet, il rappelle que le Sénégal fait partie des pays qui détestent le plus l’homosexualité. «En Afghanistan, les homosexuels sont tués ; idem en Chine. En Pologne, ils sont persécutés parce que c’est une République très catholique. Au Sénégal on dit que c’est un pays laïc. C’est pourquoi Obama et Trudeau ont parlé de ce phénomène dans le seul but de susciter le débat et, à la longue, de banaliser une telle pratique», dénonce l’imam Ndiour.
 
L’Etat invité à réduire son train de vie très dispendieux
 
Par ailleurs, pendant qu’on s’éternise sur ce phénomène, l’imam rappelle aux autorités du pays que la vie est difficile pour les populations. Il en veut pour preuve les difficultés économiques rencontrées par les familles durant la fête de la Korité. «Des travailleurs sont licenciés, le privé national succombe, les maraîchers déversent leurs récoltes dans la rue faute d'un marché, l’éducation et la santé sont à l’arrêt. Tous réclament des droits sans jamais obtenir gain de cause. Et, pendant ce temps on s’éternise dans un débat politique. On se dispute des privilèges et des salaires à coût de millions alors que les bénéficiaires de bourses familiales sont restés deux ans sans percevoir leur pécule de 35.000 francs. C’est une aberration. Il faut mettre en acte la diminution du train de vie de l’Etat qui est très dispendieux», préconise Iman Ndiour.
 
M. CISS
 
 
 
 
 
 
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