CRIMINALISATION DE L’HOMOSEXUALITE : And Samm Djikko Yi affiche sa déception et donne un ultimatum aux nouvelles autorités pour l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale




 
Ce week-end, une journée de prières a été organisée en l’honneur de Imam Alioune Ndao. La délégation de And Samm Jikko Yi a profité de l’occasion pour remettre le sujet de la criminalisation de l’homosexualité sur la table. Imam Babacar Sylla, coordonnateur de ladite organisation, n’a pas mâché ses mots pour étaler toute son indignation face à l’attitude des nouvelles autorités depuis leur arrivée au pouvoir par rapport à leur combat contre l’homosexualité. Entre les lettres à la présidence, à la primature et la rencontre avec le président de l’Assemblée nationale et les députés de la majorité, Imam Sylla est largement revenu sur toutes les  péripéties pour faire adopter la loi par l’Assemblee nationale.
 
And Samm Jikko Yi n’est pas du tout content des nouvelles autorités, elles qui étaient à leurs côtés dans le combat contre l’homosexualité du temps de l’opposition. « Nous avons combattu le phénomène de l’homosexualité jusqu’à la limite de nos moyens. A ce niveau, il n’y a que l’Etat pour finaliser la criminalisation. Notre pouvoir se limite à la dénonciation », a fait savoir d’emblée Imam Babacar Sylla, coordonnateur de And Samm Djikko Yi.
Ce dernier de poursuivre : « bien qu’on nous fasse savoir tout le temps que nous sommes dans un Etat laïc, nous voulons  des sanctions contre les homosexuels comme pour les voleurs et les meurtriers. Nous ne demandons pas du tout l’application de la charia », précise-t-il avant d’ajouter : « nous avons introduit à deux reprises des  propositions de lois pour la criminalisation de l’homosexualité à l’Assemblée nationale ; malheureusement, aucune n’a abouti. Et nous avions décidé d’attendre l’arrivée d’un nouveau régime pour relancer le débat ».
 
«Ousmane Sonko avait assuré que…»
 
Imam Sylla de rappeler que, contrairement à ce qu’ont voulu faire croire certains dignitaires de l’ancien régime, aucune loi ne sanctionne l’homosexualité actuellement au Sénégal. C’est la raison pour laquelle tous ceux qu’on arrête pour homosexualité sortent aussitôt de prison, après leur mandat de dépôt. « Nous avions espoir que notre demande allait très vite être traitée avec ce nouveau régime, puisque Ousmane Sonko, actuel Premier ministre, avait assuré que dès qu’il serait élu, il procédera à la criminalisation de l’homosexualité », rappelle-t-il avant de révéler qu’ils ont écrit deux lettres : une pour la presidence et une autre pour  la primature, pour leur rappeler la forte demande de la population pour la criminalisation de l’homosexualité. «  nous voudrions que le président de la République porte le combat pour en faire un projet de loi, malheureusement, nous n’avons pas eu de réponse. De la primature, quant à elle, nous avons reçu la même promesse, nous assurant que le Premier ministre garde la même posture sur la question. Nous nous sommes ensuite rendus à l’Assemblée nationale pour nous entretenir avec le président de l’institution, qui nous a fait savoir qu’il serait plus judicieux de passer par l’exécutif ou de choisir quelques députés pour qu’ils portent la proposition de loi », renseigne Imam Sylla, qui affirme que And Sam Djikko Yi a déjà rencontré le groupe parlementaire de la majorité. « Nous leur avons remis la proposition de loi bien avant les vacances parlementaires, tout en nous assurant qu’ils vont porter la proposition de loi. Nous savons que juste après l’ouverture de la session, ils sont occupés avec le marathon budgétaire. Et maintenant qu’ils ont fini avec, ce sont les propositions de lois et les projets de lois qui vont être examinés ; et il n’y a pas plus urgent que la criminalisation de l’homosexualité, nous avons tous vu l’actualité ces derniers jours avec les arrestations des vagues d’homosexuels et de lesbiennes ».
 
«  Si rien n’est fait jusqu’en fin mars, nous ferons une conférence de presse le 8 avril… »
 
Selon le coordonnateur de And Samm Djikko Yi, ils vont patienter jusqu’au mois de mars prochain et si rien n’est fait, ils vont réactiver leur combat. « Si la proposition de loi n’est pas introduite d’ici fin mars, nous allons faire une sortie le 8 avril pour parler de la planification de notre combat. Nous ne le souhaitons pas, mais ce serait une honte pour nous tous que ce régime fasse 4 ans voire 5 ans sans criminaliser l’homosexualité », déclare Imam Babacar Sylla.
Le seul hic, c’est le manque d’intérêt des autorités par rapport à cette loi. «Si seulement elles nous avaient rassurés quant à l’adoption de cette loi, nous ne serions guère inquiets, mais malheureusement nous avons remarqué que ce régime ne parle jamais de la criminalisation de l’homosexualité, ni le Président, ni le Premier ministre, malgré leurs engagements dans le combat quand ils étaient dans l’opposition», déclare-t-il.
A l’en croire, leur silence inquiète plus d’un : «qu’ils nous parlent ouvertement et sincèrement de la question de la criminalisation de l’homosexualité pour qu’on sache à quoi nous en tenir».
Nd. Kh. D. F
 
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