COURROUCES PAR LE RENVOI DU DOSSIER DE LEUR CLIENT A UN MOIS : Les avocats de Abdou Nguer dénoncent l’attitude du juge Mamadou Diouf devant le Bâtonnier, le Premier président de la Cour d’appel et le Premier président de la Cour suprême




Abdou Nguer va encore patienter environ un mois avant d’être jugé devant le Tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette décision surprenante du président Mamadou Diouf a suscité le courroux des avocats de la défense qui ont saisi par courrier le bâtonnier de l’Ordre des avocats, mas également le Premier président de la Cour d’appel ainsi que le Premier président de la Cour suprême. Mes Iba Mar Diop, El Hadji Moustapha Diouf, Aboubacry Barro, Alioune Badara Fall dénoncent l’attitude du juge qui, selon eux, frise l’abus de pouvoir et dénote une certaine partialité dans le traitement du dossier.
 
 
Diffusion de fausses nouvelles, c’est l’infraction imputée à Abdou Nguer et qui lui a valu un mandat de dépôt et un renvoi en jugement devant le Tribunal des flagrants délits. Est-ce particulièrement pour cette affaire là ou bien a-t-il souvent l’habitude de monter dans les audiences ? En tout cas, c’est le président du Tribunal de Grande Instance Mamadou Diouf qui a présidé cette audience. Le juge, après avoir appelé le dossier et noté la constitution des avocats, a décidé d’office du renvoi au 20 mars prochain, c’est-à-dire à un mois. Chose inhabituelle, rarissime et inédite même pour ceux qui ont l’habitude de fréquenter les audiences de flagrants délits. Courroucés, les avocats de la défense, en l’occurrence Mes Iba Mar Diop, El Hadji Moustapha Diouf, Aboubacry Barro, Alioune Badara Fall s’en sont plaint avec véhémence dans la presse evant de poser un autre palier. En effet, par la plume de Me Aboubacry Barro, ils ont saisi par courrier le bâtonnier de l’Ordre des avocats pour se plaindre du comportement du juge. Les conseils du chroniqueur ont également saisi le Premier président de la Cour d’appel mais aussi le Premier président de la Cour suprême. Ils fustigent l’attitude du juge qui, selon eux, frise l’abus de pouvoir et dénote une certaine partialité.
Dans la lettre, Me Barro et ses confrères soulignent que le juge Mamdou Diouf a eu une attitude «discriminatoire et arbitraire», précisant qu’il est de coutume que les renvois dans les affaires de flagrants délits sont souvent à huitaine ou au plus à quinzaine. Et lors de l’audience du 20 février dernier, beaucoup d’affaires ont été renvoyées par le juge, mais aucune, à l’exception du dossier Abou Nguer, n’a été renvoyée au 20 mars. Selon toujours les avocats, le magistrat, après avoir renvoyé le dossier, leur a clairement laissé entendre qu’ils ne pourront pas introduire une demande de mise en liberté provisoire. Selon les robes noires, cela constitue une «mesure unilatérale» de la part du juge, en totale violation des principes fondamentaux de la défense, des droits de l’homme, mais aussi une violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que du Code de procédure pénale.     
Abdou Nguer a été interpellé et placé sous mandat de dépôt par suite d’une critique apportée contre le communiqué du procureur de la République, dans l’affaire portant sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. A noter que c’est la deuxième fois qu’il comparaît devant le magistrat Mamadou Diouf. La première fois, il avait écopé de six mois de prison dont trois mois ferme, pour offense au chef de l’Etat.
 
 
Alassane DRAME
 
LES ECHOS

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