Entre réponse aux doléances des syndicats, relance du secteur privé, anticipation des inondations et préparatifs de la Tabaski, le président de la République a déroulé, en Conseil des ministres, une feuille de route sans délai. Il invite ainsi les différents ministres à conjuguer stabilité sociale, efficacité économique et gestion proactive des risques.
Le président de la République a rappelé avoir reçu, le 27 avril 2026, le rapport 2025 sur l’état du dialogue social, avant de réceptionner, le 1er mai, les cahiers de doléances des centrales syndicales, en présence des membres du Gouvernement.
Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales, le chef de l’État a salué la contribution des travailleurs au développement national, tout en appelant à une prise en charge « diligente » des revendications. Le Premier ministre, le ministre du Travail et de la Fonction publique ainsi que l’ensemble des ministres sectoriels sont ainsi instruits d’examiner, sans délai, les doléances relevant de leurs compétences.
Cap sur des réponses rapides aux doléances syndicales
Le Président a également magnifié l’adoption des projets de Code du Travail et de Code de Sécurité sociale, y voyant le fruit d’un dialogue responsable entre syndicats et patronat. Dans la même dynamique, il a insisté sur un suivi « préventif » de l’exécution des engagements issus du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.
Sur le front de l’emploi, il a exigé la mise en œuvre immédiate de la nouvelle Politique nationale de l’Emploi, un suivi permanent de la Convention nationale État–Employeurs privés, ainsi qu’une accélération des concertations sur deux chantiers sensibles : la modernisation du système de retraites et la réforme des rémunérations dans les secteurs public et parapublic.
Autre priorité évoquée, la finalisation du processus de ratification de la Convention n°190 de l’Oit sur la violence et le harcèlement en milieu professionnel. À cela s’ajoute l’instruction de mettre en place, d’ici fin juin 2026, un comité de dialogue social dans chaque ministère, ainsi que l’adoption du projet de loi relatif à la protection sociale.
Accélération des réformes pour relancer l’économie et le secteur privé
Dans le prolongement du Conseil stratégique de l’Initiative présidentielle SunuChampions, tenu le 28 avril, le Chef de l’État a salué une démarche « inclusive, volontariste et pragmatique », tout en appelant à sa concrétisation rapide. Le Gouvernement est sommé d’enclencher plusieurs réformes structurantes dans des délais serrés. Parmi elles, la finalisation, avant fin juin 2026, du projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique, présenté comme un levier de souveraineté et de valorisation des entreprises nationales.
Le Président a également insisté sur le renforcement des filières scientifiques et le déploiement massif de la formation professionnelle et technique dès le collège, afin de mieux arrimer le système éducatif aux besoins du marché du travail.
L’amélioration du climat des affaires figure aussi en bonne place, avec l’accélération des réformes liées au Code des Douanes et au Code général des Impôts. À cela s’ajoute la simplification et la digitalisation des procédures administratives, notamment à travers la généralisation des guichets uniques.
Sur le plan macroéconomique, plusieurs urgences sont identifiées par le chef de l’Etat qui en donne la teneur, « apurement de la dette intérieure, relance du secteur des BTP, mise en œuvre de la stratégie nationale de promotion de l’investissement et déploiement de la nouvelle politique industrielle ».
Le Président a prescrit l’ouverture de concertations sur le financement de l’économie, avec en ligne de mire la création d’un dispositif bancaire national dédié au financement du développement.
Des préparatifs sous haute vigilance pour la Tabaski et Popenguine
À l’approche de la Tabaski, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un approvisionnement suffisant des marchés en moutons et en denrées de première nécessité, à des prix accessibles pour les populations.
Il a également appelé à un renforcement de la sécurité routière et à une meilleure organisation des transports publics, urbains comme interurbains, durant cette période de forte mobilité. Dans le même élan, une attention particulière est demandée pour la préparation de la 138e édition du pèlerinage marial de Popenguine, événement religieux majeur qui mobilise chaque année des milliers de fidèles.
Priorité à l’anticipation et à la coordination dans la lutte contre les inondations
Face à la récurrence des inondations, le président de la République a rappelé que leur gestion constitue désormais une priorité gouvernementale majeure, mobilisant d’importantes ressources humaines et financières. Il a demandé aux ministres en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement ainsi que de l’Intérieur de faire un point exhaustif sur les projets et actions en cours dans les zones à risque.
Le chef de l’État a insisté sur l’urgence de renforcer les mesures préventives, en accélérant la mise en œuvre du Programme national de prévention et de gestion des inondations. Ce dispositif devra couvrir à la fois les zones déjà identifiées comme vulnérables et les besoins opérationnels et financiers encore en attente.
Une feuille de route sous contrainte de résultats
À travers cette communication, le Président imprime un rythme soutenu à l’action gouvernementale, avec des échéances précises et une exigence claire : transformer rapidement les engagements en résultats tangibles. Entre pression sociale, relance économique et gestion des risques saisonniers, l’exécutif est désormais attendu sur sa capacité à exécuter, dans un délai court, une feuille de route aussi dense que stratégique.
Fatou DIOP