Face aux grèves qui secouent l’école et aux défis sociaux et économiques du moment, le président de la République a haussé le ton en Conseil des ministres, ce 4 mars 2026. Stabilité du système éducatif, droits des femmes, souveraineté alimentaire et préparation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a déroulé une feuille de route exigeante, appelant à la responsabilité collective et à l’accélération des réformes structurantes.
Dès l’entame de sa communication, le chef de l’État a rappelé que le bon fonctionnement de l’école demeure «un impératif national» et «un pilier du pacte républicain». Face aux mouvements de grève qui perturbent le calendrier scolaire, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a engagé le gouvernement et les personnels enseignants à œuvrer ensemble pour stabiliser durablement le climat social. Pour Diomaye, la priorité est claire, «assurer la continuité des activités pédagogiques et le bon déroulement des évaluations, examens et concours». Faye a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la culture de l’excellence et du mérite, tout en consolidant la crédibilité du système éducatif national. Le Président a invité l’ensemble des acteurs de la communauté éducative «à faire preuve de responsabilité afin d’éviter que les apprenants ne soient les premières victimes des tensions sociales».
Accélérer les réformes des droits des femmes
À quelques jours de la célébration du 8 mars, le Président Faye a demandé d’intensifier la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, tout en impliquant davantage les organisations féminines dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il a instruit le ministère chargé de la Famille d’accélérer les réformes relatives à la promotion économique et à la protection sociale des femmes, et d’organiser, avant fin 2026, des concertations nationales inclusives sur leur contribution à l’Agenda Sénégal 2050.
Élevage et souveraineté alimentaire, cap sur l’autosuffisance
Autre point central abordé, le rôle stratégique de l’élevage dans l’économie nationale et la souveraineté alimentaire. Parmi les priorités «la promotion de l’autosuffisance en viande, la mise en place de coopératives communautaires et l’opérationnalisation d’un Fonds national de développement de l’élevage destiné à mobiliser des ressources endogènes». Diomaye a également insisté sur la modernisation des abattoirs, foirails et infrastructures pastorales, l’évaluation de l’application du Code pastoral, la transformation du Ranch de Dolly et le renforcement des ressources du Haras national de Kébémer. Il a en outre appelé à développer les centres de formation et de recherche spécialisés, à lutter plus efficacement contre le vol de bétail et à accélérer l’adoption du projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique.
Baye Modou SARR