CONSEIL DES MINISTRES DU 10 SEPTEMBRE 2026 : Diomaye et Ahmadou Al Aminou Lo enclenchent l’acte II de l’exécution gouvernementale




 
Deux jours après la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lo devant les parlementaires, l’exécutif veut accélérer la cadence. Au Conseil des ministres de ce jeudi 10 septembre, le Président Bassirou Diomaye Faye a fixé les priorités de l’action gouvernementale – pouvoir d’achat, territorialisation des politiques publiques, relance de la Casamance et dialogue avec le secteur privé – tandis que le Premier ministre a imposé un calendrier serré pour le redressement des finances publiques et la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050.
 
Le temps des engagements est désormais révolu. Place à l’exécution. Réuni ce jeudi 10 septembre exceptionnellement, le Conseil des ministres marque la première traduction opérationnelle de la Déclaration de politique générale (Dpg) prononcée le 8 septembre par le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo. En ouvrant la séance, le Président Bassirou Diomaye Faye a salué une feuille de route « claire et exhaustive » avant de donner une consigne sans équivoque : chaque réforme annoncée doit désormais produire des résultats visibles sur le terrain.
 
Diomaye exige des résultats dans les territoires
 
Le chef de l’État a placé la protection du pouvoir d’achat des ménages au premier rang des urgences gouvernementales. Il appelle également à une maîtrise stratégique des finances publiques, à une réduction du train de vie de l’État et à un renforcement de la présence des services publics sur l’ensemble du territoire.
Pour Bassirou Diomaye Faye, la réussite de l’Agenda Sénégal 2050 passe par une territorialisation plus poussée des politiques publiques. Les élus locaux, les collectivités et les acteurs communautaires devront être davantage associés à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des projets.
L’accélération est demandée dans plusieurs secteurs jugés prioritaires : l’éducation et la formation professionnelle, le désenclavement des zones de production, la souveraineté alimentaire, l’industrialisation, l’emploi des jeunes et des femmes, ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’électricité, au numérique et aux soins. Dans cette dynamique, le Président s’est félicité de la réception de 153 ambulances médicalisées, destinées à renforcer le désenclavement sanitaire à travers le pays.
 
Casamance : le Plan Diomaye passe à la vitesse supérieure
 
La Casamance demeure un chantier stratégique du quinquennat. Le chef de l’État considère le pôle formé par Ziguinchor, Kolda et Sédhiou comme une priorité nationale et ordonne une évaluation complète de l’état d’avancement du Plan Diomaye pour la Casamance. Il demande une augmentation significative des moyens accordés au Centre national d’action antimines (Cnams), ainsi qu’au Puma et à l’Anrac, afin d’accélérer le déminage des zones agricoles, la sécurisation des villages et l’installation des services publics essentiels dans les zones frontalières. Une réunion interministérielle de relance du Plan Diomaye sera prochainement présidée par le Premier ministre.
 
Le secteur privé replacé au cœur des réformes
Dans le prolongement de son audience avec le Conseil national du patronat, le Président réaffirme sa volonté d’institutionnaliser le dialogue entre l’État et les entreprises. Le gouvernement est ainsi appelé à accélérer plusieurs réformes structurantes : la révision du Code général des Impôts, celle du Code des Douanes, l’apurement de la dette intérieure et l’amélioration de l’accès des PME à la commande publique. Avant la fin du mois d’octobre, deux textes majeurs devront également être finalisés avec l’implication du patronat : la loi d’orientation sur le patriotisme économique et la Stratégie portuaire nationale, incluant les projets de Ndayane et de Bargny-Sendou.
 
Ahmadou Al Aminou Lo impose un calendrier serré
De son côté, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a consacré sa communication à l’appropriation des orientations de sa DPG par l’ensemble du gouvernement. Il rappelle que le Référentiel Sénégal 2050 demeure le cap de l’action publique et réaffirme les cinq piliers de son programme : le redressement des comptes publics, la restauration de l’État de droit, le renforcement de la souveraineté, la résolution des difficultés des Sénégalais et l’équité territoriale et sociale.
Le Premier ministre instaure ainsi une nouvelle « méthode » de gouvernance fondée sur une culture du résultat et un suivi rapproché des projets stratégiques. Les ministres chefs de file disposent jusqu’au 24 septembre pour transmettre les projets d’arrêtés créant les groupes de pilotage des programmes. A cet effet, la première réunion du Comité interministériel de suivi de l’Agenda Sénégal 2050 est annoncée pour la première quinzaine d’octobre.
 
Fmi, budget et parapublic : les dossiers sous haute surveillance
Sur le front économique, Ahmadou Al Aminou Lo fixe plusieurs échéances immédiates au ministre de l’Économie. Le projet de loi de finances rectificative devra être déposé à l’Assemblée nationale avant le 15 septembre, tandis que le projet de budget 2027 devra être présenté au Conseil des ministres le 30 septembre. Le gouvernement devra également respecter les engagements pris avec le Fmi concernant les mesures correctives liées au dossier du misreporting.
Le Premier ministre relance par ailleurs le chantier sensible de la rationalisation des entités du secteur parapublic, avec une réunion du comité ad hoc prévue dès la semaine prochaine. La Primature confie également à Senum SA la mise en place d’un système national d’information et de veille destiné à centraliser les préoccupations des populations grâce aux administrations centrales, aux services déconcentrés, aux collectivités territoriales et aux mécanismes de dialogue citoyen. Dans le même esprit, Ahmadou Al Aminou Lo prévoit de poursuivre la dynamique ouverte par sa Dpg à travers des rencontres avec le patronat, les syndicats, la société civile, la presse et le futur Conseil consultatif des jeunes.
 
Lfr et Lfi : les directives
 
 
Le Conseil des ministres prépare également plusieurs rendez-vous d’envergure. Le gouvernement est chargé d’organiser les commémorations du 24e anniversaire du naufrage du Joola, en garantissant notamment un meilleur accès des familles des victimes et des rescapés aux lieux de mémoire de Ziguinchor.
Sur le plan international, le Président Bassirou Diomaye Faye présidera le 12 septembre la cérémonie de remise de la Flamme olympique des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, avant d’effectuer une visite de travail à Washington les 14 et 15 septembre, puis une visite officielle à Abou Dhabi les 16 et 17 septembre.
Nd. Kh. D. F
 
 

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