Lors du Congrès constitutif de Taxawu Sénégal en présence des responsables politiques de l’opposition, Khalifa Sall a déploré les batailles de positionnement et les intérêts individuels égoïstes qui sapent l’unité de l’opposition. Or, à l'en croire, si l’opposition est unie et sincère dans sa démarche, ce régime qu’il qualifie d'incompétent, sera déboulonné.
Le mouvement Taxawu Sénégal s’est mué depuis hier en parti politique suite à la fusion de six organisations politiques – composées entre autres, de Taxawu, du parti Rassemblement citoyenneté démocratie (Rcd), du mouvement Taxawu fal Khalifa Ababacar Sall, du parti pour la Rénovation et le progrès (Rp) – qui ont choisi à l’unanimité Khalifa Ababacar Sall comme président dudit parti. D’emblée, Khalifa Sall s’est félicité de la présence des responsables de l’opposition. A l'endroit du Coordonnateur du Fdr, il dira : «Omar, autour de toi, avec toi, nous allons vers une victoire certaine. Il suffit d’y croire, de croire en nous et de nous faire mutuellement confiance. Parce que, le vrai problème des acteurs politiques dans ce pays, c’est qu’ils ne se font plus confiance. Chacun veut tirer la couverture de son côté ; chacun voulant préserver ses intérêts égoïstes ; chacun cherche à se positionner au détriment des autres. Malheureusement, tous les coups bas sont permis pour atteindre son but. Or, ces combats égoïstes internes nous bloquent et nous retardent. Et, personne n’y gagne. On ne peut pas atteindre nos objectifs dans la division. C’est pourquoi, cette dynamique unitaire doit être consolidée», a plaidé Khalifa Sall.
Nous allons déboulonner ceux qui sont à la tête du pays, c’est des incapables
Poursuivant, il précise que c’est dans l’unité que l’opposition est forte. «Je vous assure que si on reste unis, nous allons déboulonner ceux qui sont à la tête du pays. C’est des incapables», charge Khalifa Sall qui assume néanmoins son compagnonnage avec les tenants du pouvoir dans la coalition Yewwi Askan Wi. «Je ne regrette rien parce que c’était un combat d’un moment et d’une vie. Mais, aujourd’hui, je leur fais face», ajoute le patron de Taxawu qui peint un tableau sombre de l’économie sénégalaise. «Ils ont dit que nous sommes au 5e sous-sol, en réalité nous sommes au 20e sous-sol et il sera difficile de se relever», indique-t-il. Pire, il se désole de constater que les institutions sont désacralisées.
Prémices d’une rupture ou deal politique
Abordant les relations au bord de l’implosion entre le chef de l’Etat et son Premier ministre, il dira : «un sage m’a dit que ce qu’ils ne font pas seulement montre d’une incompétence dans la gestion de l’Etat, mais ils sont en train de dérouler un deal politique sur le dos du peuple, chacun tirant la couverture sur soi. Ils ne savent pas que c’est le pays qu’ils mènent tout droit dans le gouffre», explique Khalifa Sall, qui rappelle que le Sénégal n’a jamais connu pareil tiraillement entre le président de la République et son Premier ministre depuis 1962. Ce qui lui fait dire qu’il faut aller vers des réformes où le pouvoir est incarné par le président de la République. «Il faut consolider les institutions et faire en sorte que le président qui est la clé de voûte des institutions puisse le demeurer et que chaque institution puisse jouer son rôle dans le respect de la séparation des pouvoirs. Au lieu de s’attaquer, comme on le fait, à l’institution du président de la République. C’est un risque grave», précise Khalifa Sall.
A l’en croire, c’est comme si ceux qui nous gouvernent ne sont pas au courant des difficultés que vivent le peuple. «Avec l’opposition, on est en train de construire une vraie alternative. Il suffit seulement de croire en nous et que ce compagnonnage soit sincère. Si tel est le cas, rien ne pourra nous résister», renchérit le patron de Taxawu requinqué par la forte mobilisation des militants au Grand Théâtre.
Le socialisme doit redevenir l’espoir des Sénégalais
Khalifa Sall a également lancé un appel à la grande famille socialiste. «Nous devons proposer une alternative crédible, loin des populismes et des promesses sans lendemain. Nos illustres devanciers nous ont légué un État. À nous de lui redonner une âme socialiste. Dans cet exercice de refondation, nous devons accorder une place centrale à la jeunesse, force motrice de notre combat et aux femmes, sève nourricière de notre action», fait remarquer patron de Taxawu Sénégal.
M. CISS