Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, les efforts consentis par le gouvernement pour baisser les prix des produits alimentaires sont évalués à plus de 840 milliards depuis 2024. Une baisse qui va se poursuivre, dit-il, si le marché le permet. Cependant, en cas de non-respect de la vérité des prix, le contrevenant encourt, au-delà d’une amende immédiate, la saisie du stock de la marchandise concernée, mais aussi la fermeture de son lieu de commerce.
A l'occasion de la conférence de presse du gouvernement, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, est revenu sur les différentes baisses des prix opérées sur certains produits alimentaires comme le riz, l’huile, le pain, mais aussi d’autres produits comme le ciment, le carburant, l’électricité, etc., depuis l’arrivée du Président Diomaye à la tête du pays. Selon le ministre Serigne Guèye Diop, le montant de ces trois années de baisse dépasse les 840 milliards francs Cfa. Et, ce montant, précise-t-il, ne concerne que la baisse des produits alimentaires. A l’en croire, en 2024, les efforts de baisse ont coûté 160 milliards au gouvernement, 342 milliards en 2025 et le même montant pour l’année en cours. En effet, à chaque fois que le marché le permet, indique M. Diop, les prix seront revus à la baisse.
Sanctions en cas de non-respect des prix
Poursuivant, le ministre de l’Industrie et du Commerce rappelle que ces efforts de baisse sont accompagnés par de mesures en termes de contrôle assurées par les 300 agents à travers les 33 services du ministère de l’industrie et du Commerce qui envisage, ajoute le ministre, de créer au cours de cette année, 13 nouveaux services pour couvrir les 45 départements du Sénégal. En plus des 1000 volontaires du service de commerce. Même s’il est d’avis que ce nombre est insuffisant pour contrôler les 65.000 boutiques recensées. Ce qui lui fait dire que la population doit avoir l’habitude de dénoncer. Toutefois, il n’a pas manqué de relever que le Code du commerce intérieur est très clair en cas de non-respect des prix. Il est appliqué aux contrevenants une amende immédiate, en plus de la saisie du stock de la marchandise concernée. Ces mesures peuvent aller, dit-il, jusqu’à la fermeture de la boutique.
400 milliards mobilisés pour la campagne de commercialisation
S’agissant de la campagne de commercialisation agricole, Marie Rose Faye, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, d’annoncer la mobilisation de ressources de plus de 400 milliards de francs Cfa, dont 130 milliards mobilisés pour assurer la continuité de la production en termes de subventions pour préserver les revenus des producteurs et garantir un approvisionnement régulier des marchés nationaux. « Cette répartition s'articule autour de semences, tout ce qui est arachide, céréales, pommes de terre et autres cultures à 44,9 milliards ; engrais minéraux 64,96 milliards ; mécanisation, équipements et services agricoles 13 milliards ; protection phytosanitaire 2,52 milliards ; filière spécifique coton et banane 5,5 milliards ; appui, conseil et volontaires agricoles 2,1 milliards et assurance agricole 1,3 milliard », explique Mme Faye.
113.623 tonnes d’arachide réceptionnées par la Sonacos pour 38 milliards
S’agissant spécifiquement de la campagne de commercialisation de l’arachide, la collecte globale, indique-t-elle, est de 128.813 tonnes réparties par semences de 10.892 tonnes à certifier, collectées au 25 janvier 2026. « Pour les huileries, la campagne de commercialisation 2025-2026 a démarré depuis le 28 novembre 2025 avec la mobilisation de tous les acteurs. Au 25 janvier, 113.623 tonnes d’arachide en coque ont été réceptionnées par la Sonacos pour une valeur financière de plus de 38 milliards de francs Cfa et 4301 tonnes d’arachide en coque qui ont été aussi reçues en paiement dans les établissements comme Copeol », fait remarquer Marie Rose Faye, qui est aussi revenue sur le gel des importations d’oignon pour une durée de 9 mois afin d’écouler la production locale. Pour la pomme de terre, le gel des importations a duré 10 mois. Même la banane, avec la hausse de la production à Tamba et en Casamance, a connu une phase pilote de gel des importations qui a commencé le 1er septembre pour une durée de trois mois. Pour le riz local, le secrétaire d’Etat annonce la suspension des Dipa sur une période de 30 jours dès le 12 novembre dernier avec de futures importations indexées à un prix minimal de riz blanc sénégalais. En effet, avant d’importer, il faut acheter du riz local dont le prix au kg est désormais arrimé à celui du riz importé : 300 francs.
Assurance agricole
Par ailleurs, le ministre de l’Industrie et du Commerce est revenu sur la Caisse nationale d’assurance agricole qui est une nouveauté au Sénégal. A l'en croire, avec les aléas climatiques, les productions peuvent être impactées par les inondations comme ce qui s’est passé avec la filière banane l’année dernière à Tamba. Ce qui lui fait dire que l’assurance agricole est à vulgariser, à l’image de l’assurance maladie. Il a ainsi encouragé les agriculteurs à souscrire à cette assurance.
M. CISS