Les techniciens des entreprises sous-traitantes de la Sonatel ont entamé, ce mercredi, une grève de 48 heures afin de réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. À l’origine de ce mouvement, les travailleurs dénoncent une réduction des tarifs appliqués dans le cadre du paiement des prestations, une décision qui, selon eux, affecte directement leurs revenus.
« Le mot d’ordre concerne avant tout la réduction des prix dans le cadre des paiements. La Sonatel a diminué les prix d’installation, ce qui a beaucoup affecté les techniciens », a expliqué Paul Macaty Badiane, porte-parole des techniciens du Sénégal. Selon lui, les grévistes revendiquent « une augmentation de salaire équitable ainsi que le rejet catégorique de la baisse continue des tarifs appliqués aux prestataires ».
Au-delà des questions salariales, les techniciens dénoncent des conditions de travail qu’ils jugent particulièrement difficiles, notamment dans les secteurs de la fibre optique, des réseaux télécoms, de l’ADSL et de l’énergie. Ils évoquent notamment les risques auxquels ils sont exposés lors des interventions sur le terrain. « Le travail de la fibre ou des réseaux télécoms se fait en hauteur, sur des poteaux, avec des tirages de câbles. En cas d’accident de travail, la prise en charge n’est même pas assurée », a déploré Paul Macaty Badiane.
Le porte-parole affirme également que plusieurs techniciens ne disposent pas d’une couverture sociale adéquate. « Tu tombes malade, tu n’as pas d’assurance, tu n’as pas de prise en charge maladie qui te gère tout ça. Actuellement, les techniciens sont livrés à eux-mêmes », a-t-il soutenu.
Les grévistes dénoncent aussi l’absence de contrats de travail conformes chez certains sous-traitants, une situation qui, selon eux, les prive de plusieurs droits. « Les sous-traitants ne nous ont pas donné des contrats normaux. C’est la raison pour laquelle on n’est même pas affiliés à l’Inspection du Travail. L’Inspection du Travail ne connaît même pas les techniciens », a affirmé le porte-parole. Les travailleurs préviennent qu’ils pourraient prolonger leur mouvement au-delà des 48 heures annoncées si aucune réponse favorable n’est apportée à leurs revendications.
La Sonatel rassure ses clients
La Sonatel précise dans une communication qu’il n’existe « aucun lien direct entre l’entreprise et les employés des sociétés sous-traitantes avec lesquelles elle collabore ». L’opérateur assure toutefois qu’il « honore toutes ses obligations sociales et légales en vigueur » et indique veiller à ce que ses partenaires sous-traitants respectent également ces engagements.
FATOU DIOP