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CONDITIONS DE DELIVRANCE ET DE RENOUVELLEMENT DES LICENECES DE PECHE : Après le dégel de la pêche démersale côtière, Dr Fatou Diouf met son successeur face à la colère des pêcheurs




 
 
 
 
 
A son arrivée à la tête du ministère de la Pêche et de l'Economie maritime, Dr Fatou Diouf annonce avoir trouvé 151 licences de pêche dont 132 appartenant au pavillon Sénégal. A son départ, les licences de pêche n’étaient que 111. S’agissant des licences de la démersale côtière, elle reconnaît avoir procédé au dégel partiel et précise qu’à son départ, aucune licence n’avait encore été signée. Il appartient à l’actuel ministre de donner corps à cette décision. D'ores et déjà, les pêcheurs ont manifesté leur opposition à toute décision contraire.
 
 
 
 
 
L'ancien ministre de la Pêche et de l’Economie maritime (avril 2024-juin 2026), Dr Fatou Diouf, a été auditionné, hier, par la Commission d’enquête parlementaire sur les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche. Elle a rappelé, à cet effet, que le ministre est le noyau central de la délivrance et du renouvellement des licences de pêche. Cependant, à son arrivée en avril 2024 à la tête de ce département, les renouvellements avaient déjà été faits. Ainsi, après l’état des lieux, elle avait publié la liste des navires autorisés à pêcher au Sénégal. Une liste de 151 navires autorisés à pêcher dont 132 navires sénégalais et 19 navires étrangers, dans le cadre d’un accord avec l’Union Européenne. En 2025, l’ancien ministre rappelle avoir procédé à l’assainissement des licences de pêche conformément au Code de la pêche. La liste du pavillon Sénégal s’est ainsi rétrécie passant de 132 à 122 navires. Sur les 10 navires disqualifiés, Dr Fatou Diouf explique que certains n’avaient pas rempli les critères de conformité et d’autres étaient restés 30 mois sans renouvellement. Et, à son départ en 2026, 111 licences étaient délivrées aux navires du pavillon Sénégal.
 
Une réévaluation des redevances qui profite à l’Etat
 
Revenant sur la procédure de renouvellement, l’ancien ministre annonce que les navires doivent entre autres présenter un certificat de jauge (capacité du navire), un certificat de nationalité et un certificat de navigabilité, une assurance. Or, en 2025, lors du renouvellement, elle a constaté que pour certains navires, la capacité est plus importante que celle figurant dans le certificat de jauge. Dans pareille situation, le ministère en relation avec la Direction des Pêches, a procédé, à la réévaluation de la redevance payée par les navires. Cela a permis à l’Etat de collecter des fonds supplémentaires consistants. Pour les navires qui ne passaient pas en commission, elle refusait systématiquement de délivrer la licence ; sauf après régularisation auprès de ladite commission sanctionnée par un avis conforme.
 
Le cadeau empoisonné du dégel de la pêche démersale côtière
 
Interpellé sur les licences de la pêche démersale côtière gelée depuis 2006 pour préserver la surexploitation de certaines espèces, l’ancien ministre précise avoir procédé le 30 avril 2026 au dégel partiel de la démersale côtière. A l’en croire, quatre navires sur cinq avaient reçu une notification favorable de la Commission. Toutefois, elle fait remarquer que la procédure, à son départ, était en cours et aucune licence n’avait encore été signée. Ce qui lui fait dire que son successeur avait hérité du dossier. Poursuivant, elle a expliqué le dégel partiel pour approvisionner le marché local de certaines espèces disparues des plats sénégalais. En effet, elle est persuadée qu’il doit y avoir un quota pour approvisionner le marché local au lieu d’exporter 80% de ces ressources. Cependant, l’actuel ministre de la Pêche a promis de revoir cette décision. Pour les pêcheurs qui ont manifesté leur mécontentement hier, il n’est pas question de revenir sur le dégel de la pêche démersale côtière. Revenant sur l’audit du pavillon Sénégal qu’elle avait initié à son arrivée à la tête du ministère de la Pêche, elle révèle n’avoir reçu que le rapport préliminaire avant son départ en juin dernier. Or, en attendant le rapport définitif, il y a des vérifications et des confrontations à faire. Raison pour laquelle, elle ne s’est pas attardée, outre mesure, indiquant que la responsabilité dudit rapport incombe désormais à son successeur.
 
M. CISS
 
 
LES ECHOS

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