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De la pomme de terre, de l’oignon, de la tomate, entre autres spéculations, déversés sur la route nationale à hauteur de K50, c’est ce spectacle de désespoir offert par les petits producteurs de la zone des Niayes pour protester contre la concurrence déloyale des agrobusiness à l’origine de la mévente de leurs productions sous le regard complice de l’Etat à travers l’Arm.
C'est une forme de protestation inédite à laquelle l’opinion a été témoin hier à K50 sur la Nationale n°1. En effet, diverses spéculations (pomme de terre, oignon, tomate, aubergine, etc.), ont été déversées sur la route nationale perturbant ainsi la circulation routière sous le regard médusé usagers de la route, des marchands et autres curieux de circonstance. Cet acte d’un désespoir extrême a été posé par les maraîchers, petits producteurs de la zone des Niayes qui protestaient, lors d’une marche, contre la mévente de leurs productions. Cela après trois points de presse tenus par les acteurs pour alerter les autorités sur la nécessité de réguler la commercialisation. Pourtant, de l’avis de Mbaye Ndoye, porte-parole du jour et chargé de communication au niveau du Cadre de concertation des maraichers du Sénégal, l’Agence de régulation des marchés (Arm) a laissé pourrir la situation. « A chaque fois que la production horticole des petits producteurs arrive sur le marché, l’Arm somme les agrobusiness d’arrêter la commercialisation et de garder leurs productions dans les chambres froides afin de permettre aux maraîchers d'écouler leurs récoltes. Cela a été matérialisé par des circulaires et arrêtés du ministre de l’Industrie et du Commerce qui, malheureusement, ne sont jamais respectés. Les agrobusiness après le tri de leurs productions, gardent la bonne qualité de pomme de terre dans les chambres froides et déversent le second choix sur le marché et cassent les prix pour concurrencer les petits producteurs. C’est une concurrence déloyale des agrobusiness qui font du dumping », se désole de constater Mbaye Ndoye.
L’Arm doit jouer son rôle d’arbitre
A l’en croire, c’est une manière de décourager les petits producteurs pour garder le monopole sur cette spéculation. Selon Mbaye Ndoye, lui aussi petit producteur à Kayar, l’Arm ne joue pas son rôle d’exécution et laisse faire les agrobusiness. «On nous appelle de partout pour dire que les agrobusiness inondent les marchés de leurs productions impropres à la consommation, sous le regard complice de l’Etat qui nous avait promis la souveraineté alimentaire. L’Arm doit jouer son rôle d’arbitre et de régulateur du marché», indique-t-il.
Le Mincom demande à rencontrer les petits producteurs en début d’après-midi
En tout état de cause, cette marche de protestation, coup de communication ou désespoir extériorisé, a fait écho au plus haut sommet de l’Etat. Et, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, par le biais du directeur du suivi évaluation de l’Arm, a décidé de recevoir aujourd’hui à 15 heures les petits producteurs de la zone des Niayes. « Pourquoi maintenant ?», s’indigne Mbaye Ndoye, qui rappelle que le cadre de ?concertation a longtemps alerté sur le phénomène, mais en vain. « Nous avions décidé de ne plus le rencontrer. Mais, nous allons nous concerter et décider de la marche à adopter », indique le chargé de communication.
M. CISS