Réunis à Dakar le 11 mars 2026, chercheurs, diplomates et acteurs de la société civile ont pris part à la conférence de clôture du projet JIGOV. Portée par l’Institut norvégien des relations internationales (NUPI), cette rencontre a permis de restituer quatre années de recherche sur les modes de gouvernance des groupes djihadistes au Sahel, tout en ouvrant des perspectives de collaboration entre recherche et politiques publiques.
La capitale sénégalaise a accueilli, le 11 mars 2026, la conférence de clôture du projet JIGOV (Jihadi Governance), un programme de recherche international consacré à l’analyse des systèmes de gouvernance mis en place par les groupes djihadistes au Sahel. Initiée par l’Institut norvégien des relations internationales (NUPI), basé à Oslo, cette rencontre a rassemblé un large éventail d’acteurs académiques, institutionnels et diplomatiques.
Parmi les organisations impliquées dans le projet figuraient notamment l’Université d’Oxford, ARDOA, ASSN, CDD Nigeria et le NUPI. La conférence a également enregistré la participation d’universitaires sénégalais, de représentants de chancelleries accréditées au Sénégal, dont la Suisse, la Belgique et la Grande-Bretagne, ainsi que du bureau de l’UNOWAS à Dakar, sans oublier des organisations de la société civile et des journalistes.
L’objectif principal de cette rencontre était de présenter les résultats d’une recherche menée sur une période de quatre ans (2019-2023) au Burkina Faso, au Niger et au Mali. Les différentes communications ont permis de mettre en lumière les mécanismes de gouvernance alternatifs développés par les groupes djihadistes dans ces zones fragilisées, suscitant des échanges nourris entre participants.
Dans son allocution d’ouverture, Son Excellence l’Ambassadeur de Norvège au Sénégal a insisté sur la nécessité d’approfondir la compréhension des dynamiques sahéliennes, soulignant que cette ambition passe inévitablement par un renforcement des collaborations entre chercheurs et décideurs.
En marge de la conférence, une exposition photographique du photographe malien John Moussa Kalapo a été inaugurée le 12 mars. Accueillie à la galerie Loman Arts, aux Mamelles, cette exposition, ouverte au public jusqu’au 17 mars, vient prolonger la réflexion en offrant un regard sensible sur les réalités humaines derrière les enjeux sécuritaires. À travers ses clichés, l’artiste met en lumière les trajectoires de vie de populations affectées par l’instabilité, notamment dans le centre du Mali.
Au-delà de la restitution scientifique, la clôture du projet JIGOV aura ainsi permis de croiser analyses académiques et expressions artistiques, contribuant à une compréhension plus nuancée des enjeux sécuritaires au Sahel.
Khadidjatou D. GAYE