CFEE BLANC 2026 : Le Sudes alerte sur les failles du dispositif et interpelle le ministère de l'Éducation




 
 
Le Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) dénonce de nombreuses insuffisances qui, selon lui, fragilisent la crédibilité du processus d'évaluation. Dans un communiqué transmis à la presse, l'organisation syndicale appelle le ministère de l'Éducation nationale à prendre des mesures urgentes pour corriger les dysfonctionnements constatés sur le terrain.
 
Le Secrétariat permanent du Sudes dans un communiqué rendu public considère le Cfee blanc comme une étape importante dans le processus de modernisation et de digitalisation du système éducatif sénégalais. Le syndicat estime que cette expérience a surtout permis de mettre en lumière des insuffisances structurelles qui continuent d'entraver le bon fonctionnement des examens.
 
 
Internet, électricité et équipements : les principales préoccupations
 
Parmi les difficultés relevées, le Sudes pointe d'abord l'absence d'accès à Internet dans plusieurs établissements scolaires. Une situation qui complique considérablement la transmission et la saisie des résultats sur la plateforme numérique, souligne le communiqué parcouru. Le syndicat attire l'attention sur la non-électrification de nombreuses écoles, obligeant parfois les présidents de jury et les secrétaires de saisie à emporter les documents de travail à leur domicile pour finaliser les opérations administratives.
À ces contraintes s'ajoute l'insuffisance du matériel de reprographie et des équipements informatiques. Selon le Sudes, certains responsables de jury sont contraints d'emprunter du matériel ou de financer eux-mêmes la reproduction des documents indispensables au déroulement de l'examen. Le syndicat déplore aussi l'absence de prise en charge des frais de connexion et de communication. Les présidents de jury et les secrétaires de saisie doivent souvent supporter personnellement des dépenses quotidiennes pour assurer le transfert des données et le fonctionnement du système numérique.
 
 
 
Une organisation jugée pénalisante pour les enseignants
 
Le Sudes s'inquiète des conditions de travail des surveillants et des correcteurs. L'éloignement de certains centres d'examen entraîne des déplacements importants, générant fatigue et dépenses supplémentaires pour les enseignants mobilisés. L'organisation syndicale juge par ailleurs excessive la durée actuelle de l'examen, estimée à une dizaine de jours. Une situation qui pèse lourdement sur les Associations de parents d'élèves (Ape), souvent sollicitées pour la prise en charge des examinateurs.
Autre sujet de préoccupation, le chevauchement entre le calendrier des examens et les compositions des élèves de sixième, de quatrième ainsi que des candidats libres. Cette concomitance complique, selon le syndicat, la mobilisation des ressources humaines et matérielles nécessaires au bon déroulement des différentes évaluations.
 
 
 
Une menace pour la crédibilité du système d'évaluation
 
Pour le Sudes, l'accumulation de ces difficultés n'est pas sans conséquence. Le syndicat estime que cette « gestion approximative compromet progressivement la crédibilité du processus d'évaluation ». Selon lui, les dysfonctionnements observés risquent de démotiver les enseignants, d'accentuer les disparités entre établissements scolaires et d'affaiblir davantage la confiance des populations envers l'école publique.
Face à ces constats, le Sudes formule une série de recommandations à l'endroit du gouvernement et du ministère de l'Éducation nationale. Le syndicat demande notamment l'accélération de la connexion des écoles à Internet, en particulier dans les zones urbaines, ainsi que la mise en place de solutions adaptées pour les établissements situés en milieu rural. Il préconise également le raccordement progressif des écoles non électrifiées au réseau électrique et le renforcement de l'équipement informatique des établissements et des jurys d'examen.
Pour alléger les contraintes imposées aux enseignants, le Sudes recommande de limiter les affectations des surveillants et correcteurs à un rayon maximal de huit kilomètres ou, à défaut, de leur accorder des indemnités de déplacement. L'organisation propose de réduire la durée du Cfee à six ou huit jours grâce à un démarrage anticipé des corrections dès le deuxième jour des épreuves.
Sur le plan financier, le syndicat suggère l'allocation au président de jury d'une enveloppe correspondant à 10% du budget de chaque centre afin de couvrir les dépenses liées à la connectivité et à la reprographie. Le Sudes appelle par ailleurs à une implication accrue des collectivités territoriales dans la prise en charge des jurys, au renforcement de la sécurité dans les centres d'examen, à l'interdiction de l'usage des téléphones portables pour lutter contre la fraude et au règlement définitif des problèmes d'état civil qui continuent de pénaliser de nombreux candidats.
 
 
 
Appel à la mobilisation pour la réussite des élèves
 
Malgré ses préoccupations, le Sudes salue l'engagement des enseignants et les encourage à poursuivre leurs efforts pour accompagner les élèves vers la réussite. Le syndicat estime toutefois que l'amélioration durable de l'organisation des examens passe nécessairement par des investissements conséquents dans les infrastructures scolaires, les équipements numériques et les conditions de travail des personnels éducatifs.
 
Fatou DIOP
 
 
LES ECHOS

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